Sep 22nd

Le Temps des hommes 2011

By Groupe IGS

Le Temps des hommes
fut le 1e thème de réflexion abordé par l’Atelier des Savoirs 2010, débats réunissant experts, étudiants, professeurs et personnalités médiatiques, le premier rendez-vous de l’année universitaire, aura lieu mardi 9 novembre à 19h00 dans le célèbre Atelier Picasso*, à Paris.  

Pour ce premier rendez-vous, l’Atelier des Savoirs a souhaité arrêter le temps économique et rappeler celui de la connaissance, de la religion, de la pédagogie, celui qui est si important et dont le sens nous échappe dans un mode en profonde interrogation.

 

L’Atelier des Savoirs, est un rendez-vous unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème d’actualité dans une salle mythique transformée en plateau de télévision  dans les conditions du direct par les étudiants de l’ISCPA du Groupe IGS. L’année dernière, de nombreux étudiants ont vécu cette expérience, ont pu débattre, comme tous les invités, avec des intellectuels, des chefs d’entreprise, des économistes et faire la connaissance de personnalités hors du commun. Avec l’Atelier des Savoirs, le Groupe IGS réaffirme son engagement pour la pensée sociétale et fait le pari de réintroduire dans l’apprentissage la culture et les savoirs. Il crée aussi l’émotion en permettant à de jeunes artistes de venir surprendre le public à l’occasion de la « surprise culturelle », des artistes dans l’événement.

 

Les invités

 

Jean-Noël Jeanneney, professeur à Sciences po, deux fois secrétaire d’État, PDG de Radio France et Président des Rencontres photographiques d’Arles.Il est producteur de l’émission hebdomadaire « Concordance des Temps », de France Culture, sujet au cœur du sujet. Son ton moderne et ludique constitue la qualité de cet ambassadeur de l’histoire qui a su faire de la Bibliothèque Francois Mitterrand dont il fut le Président, un lieu de culture et de projets.

 Victor Malka, est journaliste,  écrivain et producteur à France Culture de l’émission « Maison d’études ». Chaque semaine, Il révèle aux auditeurs,  l’intelligence et la beauté de la religion, sa complexité et ses joies.

Gérard Pesson, compositeur français de musique classique et professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il est producteur et ancien pensionnaire de la Villa Médicis.

Emmanuel Carré, directeur du développement pédagogique Groupe IGS et auteur de nombreux ouvrages dont le Capital humain paru en 2010 aux éditions Afnor.

 

Le Temps de l’économie ? Le temps de la finance ?---------------------------------------------------------------

Ce premier rendez-vous de l’année 2011, mardi 25 janvier, concerna le temps de l’économie, de la finance et fera écho à la pédagogie développée par les écoles du Groupe IGS. La mondialisation du travail, des marchés et des entreprises, la multiplication des plateformes financières et des transactions à grande vitesse ou invisibles, nous obligent plus que jamais, à penser le rapport de ces échanges avec les hommes, les structures politiques nationales ou internationales, et l’utilité sociale de ces transactions.

Si l’économie industrielle a contribué à ce type de structuration sociale, « l’économie algorithmique » semble circuler dans des espaces et des temps « an-humains » où des machines alimentées par des programmes complexes agissent au centième de seconde. Peut-on éviter que cette nouvelle économie se retourne contre les hommes, les Etats ou les entreprises à l’occasion de crises financières ou alimentaires ? Comment mieux associer ces transactions à un développement économique durable, profitable aux entreprises et aux citoyens ?

Les invités

 

Pierre Dockès, économiste, spécialisé dans l’économie politique. Professeur à l’Université  de Lumière-Lyon 2, chercheur au Centre A. et L. Walras, il est également membre du cercle des économistes. Auteur de nombreux ouvrages dont le dernier en date est « Jours de colère – L’esprit du capitalisme » Edition Descartes et Cie, 2009, en collaboration avec Francis Fukuyama, Marc Guillaume, Peter Sloterdijk.

Alain Dupont, Ancien PDG de la société COLAS, il préside actuellement la mutuelle SMAvie. Ingénieur, issu de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, il a fait de la filiale des Travaux Routiers de Bouygues, le leader mondial de la construction de routes.

Marc Guillaume, professeur à l’Université Paris-Dauphine est président du Comité d’experts scientifiques de l’ANVIE, organisme de médiation entre la recherche en sciences humaines et
sociales et les entreprises. Son activité s'adresse à toutes les fonctions de l'entreprise qu’elles concernent les RH, le marketing, la communication, l’innovation,  la RSE/développement durable etc.).

Olivier Pastré, professeur d’économie à Paris 8. Il anime également tous les samedis matins sur France Culture « L’économie en question ». Son dernier ouvrage «  les vingt mensonges qu’on raconte sur la crise », avec Jean-Marc Sylvestre édition Fayard, est en cours de parution.

Ami Karim, slammeur et poète, il charme les villes et les campagnes avec son album urbain Eclipse Totale sorti en en 2007, Virgin Music. Ami Karim nous fera le bonheur d’être notre surprise culturelle du jour.

 

Le temps de l’histoire, le temps de l’art,-------------------------------------------------------------------------

Un homme, notre histoire, un invité unique.

« On n’est jamais quitte avec son passé », Daniel Cordier, 

Extrait d’un entretien avec Pierre Assouline, Octobre 1989

 

Daniel Cordier est une figure, une personnalité de la résistance, qui accompagna Jean Moulin et dont il fut le secrétaire et proche collaborateur. Daniel Cordier, résistant, biographe, historien, marchant d’art, né le 10 août 1920 à Bordeaux. Unique invité de cette soirée,  il viendra exceptionnellement  le mercredi 2 mars à l’Atelier Picasso à 19h pour évoquer ses années passion, l’art et son dernier ouvrage Alias Caracalla (Editions Gallimard, Prix Renaudot essai 2009).

 

Art, entreprises et société : comment ça va ?--------------------------------------------------------------------------

 

Au-delà de la place des entreprises dans la culture et celle des artistes dans la société, quels sont

les regards des uns sur les autres et les passerelles entre les entrepreneurs, les artistes et nous ?

 

Art, entreprises et société  est le prochain sujet d’actualité et de réflexion abordé par

l’Atelier des Savoirs, mardi 24 mai à partir de 18h30 dans le célèbre Atelier Picasso, à Paris.

 

Jean Clair* annonce une « massification du culturel » qui s’inscrit dans une période de « glaciation, gel des sentiments et des idées ». Cette période serait heureusement remise en cause par la génération actuelle qui « est en train de se forger les armes assez puissantes pour casser ce pack glaciaire où la culture classique s’est prise en culturel marchandisé. »

 

Le philosophe Yves Michaud** quant à lui parle de nouvelles tendances fondées sur des « expériences » artistiques (plutôt que d’objets) avec une « créativité extrêmement décentralisée » réalisée par des groupes utilisant des bases industrielles importables sur nos iPhones et pour lesquelles nous mobiliserions de nouvelles perceptions « rapides, hachées, scandées » remettant en cause des pratiques plus lentes et linéaires comme la lecture.

 

Le rapport de la cour des Comptes sur les musées nationaux salue le dynamisme de nos musées tout en s’inquiétant d’une baisse de la fréquentation des jeunes et d’un mécénat d’entreprise concentré sur un nombre trop limité d’institutions ou de manifestations temporaires.

 

Quelle est la place actuelle de l’Art, quelles sont les évolutions des pratiques artistiques mais aussi celles du ou des publics, comment les entreprises et les écoles intègrent les nouvelles pistes de créativité ou d’expression dans leurs processus de réflexion voire de management ?

 

Les invités

- Mme Agnès Saal, Directrice générale du Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou

- Akrylonumerik, Groupe d’artistes proposant dans les rues des performances mêlant street art,    outils numériques et réalisateurs de publicités

- M. Pierre Fonlupt, Président du directoire du groupe PLUS et, au MEDE, président de la commission Nouveaux dialogues et vice-président du MEDEF International

- M. Alain Héril, Psychanalyste, formateur et écrivain

- M. Gérard Mathieu, dessinateur à L’Étudiant et au journal Le Monde

- M. Olivier Dusserre, directeur de l’école IGS Paris.

 

*Interview de J. Savigneau In Le Monde du 7 mai 2011 p.22. Jean Clair est conservateur général du patrimoine et écrivain.

**Interview dans « Beaux Art » N°01081 réalisée par F. Bousteau

 

 

Frank de Nebehay, producteur de l'Atelier des Savoirs

 

 

Participez aux débats animés par Jean Lebrun, journaliste à France Culture, artisan des médias, animateur longtemps de matinales telles que Culture Matin mais aussi de l’émission « Pot au Feu ». Producteur de « Sur les docs », il est également l'auteur de « Lamennais ou l'inquiétude de la liberté » (Fayard, 1981),  de livres d'entretiens avec des historiens (Jacques Le Goff, Michelle Perrot, René Rémond...), éditions Textuel.

 

Organisés sous la forme d’un plateau de télévision et de radio dans les conditions du direct par les étudiants de l’ISCPA « Institut des Médias » du Groupe IGS*, ces débats accueillent près de 80 personnes dont les apprenants qui interviennent et posent des questions sur le passé afin de mieux appréhender l’avenir.

 

 

Pour connaître les prochaines dates et s’informer sur les publications des contenus de « l’Atelier des savoirs » sur le blog www.atelier-des-savoirs.fr

 

 

Oct 20th

Le Temps des Hommes

By Groupe IGS

L’Atelier des Savoirs – l’ADS pour certains – est un rendez-vous d’un type unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème proche de l’actualité.

De nombreux invités ont déjà vécu cette expérience sur le plateau ou dans la salle et ont pu débattre avec des philosophes, des chefs d’entreprise, des économistes ou des sociologues. Chacun a la chance de participer au débat et de faire la connaissance, sur un site privilégié et à l’occasion d’un rendez-vous fondé sur la convivialité, de personnalités hors du commun.

 Le 9 novembre à 19h à l’Atelier Picasso, Jean Noël Jeanneney, Victor Malka et Emmanuel Carré (et sans doute un compositeur) vous attendent pour parler du « Temps des Hommes », celui de la culture, de la religion, de la pédagogie et de la musique, celui qui est si important et qui pourtant nous échappe. Comment l’homme de culture Jean-Noël Jeanneney, qui se plonge dans le passé pour mieux lire le présent, appréhende son métier et notre époque ? comment Victor Malka parle des repères temporels d’une religion, de l’arrêt du temps pour la prière ou le recueillement ou tout simplement le partage  ...

Comme à chaque rendez-vous, une surprise culturelle vous fera découvrir de jeunes talents qui font confiance à l’Atelier.

Le cocktail et nos vins de petits producteurs vous accueilleront dès 18h30.

Alors, rendez-vous le 9 novembre à 19h au 7 rue des Grands-Augustins, Métro Saint-Michel ou Odéon.

 

Avec mes remerciements.

 

Frank de Nebehay
Secrétaire général - Groupe IGS
1, rue Jacques Bingen - 75017 Paris
01 56 79 69 09 - 06 75 90 32 17
fdenebehay@groupe-igs.fr

 

Jan 28th

Pour un pacte social autour de l'entreprise

By Groupe IGS
"Le pacte social autour de l'entreprise". Les intervenants ont commenté ce sujet en énumérant et en détaillant les comportements des différents acteurs qui gravitent autour de cette personne morale (actionnaires, dirigeants, salariés et consommateurs). Ils ont aussi précisé les évolutions historiques et juridiques des entreprises et des statuts et rappelé que des alternatives plus redistributives des profits existent (la SA est récente dans notre droit) ; que des modifications législatives sont possibles pour, si les pouvoirs publics le veulent, obliger l'entreprise à assumer ses responsabilité si son rôle social s'éloigne trop des besoins des citoyens qui sont aussi des salariés ou des clients. Mais existe-t-il encore en France une place pour de vrais "capitaines d'industrie" susceptibles d'intégrer l'entreprise dans une dynamique sociale plus vaste ? Les gestionnaires ont souvent remplacé les stratèges et les investisseurs privilégient maintenant la rente à l'entrepreneuriat ; dans ce contexte peu dynamique, aux changements rapides et anxiogènes, ce sont les économies qui sont privilégiées (et notamment celles de personnel grâce aux compressions et aux délocalisations) et rarement le développement ou l'innovation, pourtant facteurs de croissance et d'adhésion mais trop dépendants d'une culture industrielle qui semble se perdre. Dans ce courant, quelle est la place des RH qui constituent pourtant un lien privilégié entre la décision et la production ? Les jeunes experts présents ont réaffirmé leur engagement dans ces formations, convaincus d'impulser des dynamiques nouvelles.
Le constat qui a le plus provoqué d'échanges, c'est la rupture profonde qui semble s'installer entre les salariés - après les ouvriers, les cadres et depuis quelques temps les cadres supérieurs - et leur entreprise. Il s'est instauré des logiques différentes de réussites et de rapports au temps : les uns dépendent du long terme pour stabiliser leur vie alors que l'entreprise, tant au niveau de ses dirigeants que de ses actionnaires, privilégie une vision à très court terme de ses résultats et de ses stratégies économique et sociale. Ainsi, il arrive parfois que des efforts importants soient demandés aux salariés qui conduisent à une optimisation des résultats... avant cession ou fermeture, les logiques économiques devenant mondiales alors que les équilibres sociaux sont nationaux et parfois locaux. La crise a accentué ce phénomène auquel les salariés semblent maintenant se résigner avec amertume, avec des dégâts physiques ou psychologiques importants et ce parfois avant même une première expérience professionnelle puisqu'il existe pour les étudiants l'exemple désenchanté des parents.
Doit-on considérer que ces constats ne concernent que la France, la situation y étant particulièrement alarmante (peut-être en raison de son goût trop prononcé pour l'industrialisation et les process comme ceci a été suggéré) ? Des expériences suédoises, moins pyramidales, plus délégataires (et respectueuses des compétences) et mieux intégrées dans les tissus sociaux ont été détaillés tandis que des exemples français ou américains ont servi aussi d'illustration de mariages réussis entre performance économique et respect social. L'histoire économique se compose de cycles et des évolutions peuvent subvenir. Rien n'est figé. Bien entendu, la place des RH dans les entreprises a été abordée et leur rôle important réaffirmé : plus que jamais, tant pour maintenir les compétences que les fidéliser, leur place dans les processus de décision doit être réaffirmée comme un rappel de la nature sociétale de l'entreprise moderne.
En revanche, que faire face à la situation actuelle ? Deux modèles ont été présentés et longuement commentés : l'un serait de donner tout son sens (et rien d'autre que son sens) au contrat de travail en limitant l'apport salarial à un strict échange : travail contre salaire avec l'acceptation d'une mobilité importante (et de temps de rupture). Le salarié détournerait son investissement au bénéfice de structures plus stables et porteuses de sens (famille, vie associative, etc.) ; dans cette hypothèse, l'entreprise n’est plus qu'une usine qui transforme de l'énergie humaine en produits et personne n'attend quelque chose de l’autre : il n'y a plus de pacte. Une autre piste a été introduite : celle de mettre en place un échange gagnant pour tous : le salarié serait un développeur de projets, intégré dans une dynamique vertueuse de conquête des marchés tandis que l'entreprise mettrait à sa disposition les moyens nécessaires à l’accomplissement des missions. Dynamique, vertueux, plus proche de la "nouvelle économie", ce modèle séduisant et porteur de richesses est-il importable partout ?
Les participants ont tous été d'accord sur un constat : il est nécessaire de procéder à un diagnostic complet et loyal des maux dont souffrent l'économie française et ses différents acteurs. Seule cette étude permettra aux pouvoirs publics de décider des moyens permettant, soit de corriger ces dysfonctionnements, soit de les compenser. Le déficit de l'assurance maladie et les suicides au travail démontrent qu'il y a urgence à prendre des décisions. Ces décisions dicteront un choix de société. Ne pas en prendre aussi.

Frank de Nebehay
Producteur de l’Atelier des Savoirs
Jan 8th

Pour un pacte social autour de l'entreprise

By Groupe IGS
par Françoise Martin-Saintève, directrice de la Formation Continue Inter-entreprises du Groupe IGS

La mondialisation et la guerre économique n’ont pas développé dans les entreprises occidentales une union sacrée qui ressemble à celle de  1914 constituée par les français de toutes tendances qui se soudent contre l'adversité.

Bien au contraire, l'actualité n'a de cesse de nous renvoyer des constats de rupture au sein des entreprises :

- La rupture entre l'homme et le travail car celui-ci ne devient plus lieu de réalisation mais lieu de souffrance.
- L'isolement au sein des organisations est une des causes importantes des risques psychosociaux. L'individualisme de nos sociétés contemporaines est rentré dans les entreprises en développant l'esprit de compétition et de conquête de manière individuelle et non pas collective.
- L'absence de sens, voir parfois l'absurdité qui peut être à l’œuvre, entraîne des désengagements.
- La violence et le conflit ont été nombreux en 2009 lors de cessation d'activités (employeur qui met la clef sous la porte sans prévenir ses salariés, syndicats qui séquestrent des employeurs).
- Les cadres si proches de la direction engagés pour leur entreprise se rebellent.
- Les jeunes (la génération Y née entre 1970 et 1990) peuvent avoir une vision désenchantée et utilitariste de l'entreprise.
- Les seniors dont l'entreprise ne veut pas ou  plus.
- La rupture plus grande chaque jour entre les paroles et les actes, etc...

La performance est mise à mal car elle ne peut être optimum si les premiers contributeurs (les salariés) sont désengagés.

Dans ce contexte, l'entreprise ne peut guère être "un acteur de transmission" sociologique ou psychologique de valeurs partagées. Certaines valeurs de respect des personnes,  de don contre don, de coopération, de solidarité qui tisse le lien social (dans une famille, dans un village, etc...) sont peu à l'œuvre, et pourtant nécessaire à l'équilibre de toute communauté humaine.

Il est donc vital de repenser un nouveau contrat social pour protéger l'intérêt général des intérêts particuliers financiers qui se séparent de la logique économique et sociale.

Le DRH a un rôle fondamental à jouer, car son rôle serait  de proposer une nouvelle gouvernance humaine qui concerne à la fois le management des hommes et le processus managérial global de l'entreprise.

Il serait intéressant de porter le débat sur le contenu de ce nouveau contrat social et de s'interroger sur le rôle de chaque grand acteur dans l'entreprise : le dirigeant, le DRH, les managers, les syndicats et les salariés.
Oct 27th

Construire les futurs

By Groupe IGS
Le premier "Atelier des Savoirs" s'est réuni le 20 octobre à l'Atelier Picasso sur le thème "Construire les futurs". Cette expérience inédite dans le domaine de la pédagogie s’inscrit dans le souhait du Groupe IGS d'apporter des expériences intellectuelles nouvelles qui permettent d’enrichir les parcours.

Qu'est-ce que l'Atelier des savoirs ? Une série de rendez-vous pédagogiques qui réunissent des étudiants, des professeurs, des anciens étudiants, des experts et des responsables d'entreprise pour confronter les points de vue, les expériences ou les différences. Pour les animer, nous avons fait appel à Jean Lebrun, journaliste de France-Culture qui, de "Culture Matin" à "Travaux Publics" sait donner la parole à tous.

Pourquoi avoir choisi comme premier thème "Construire les futurs" ? Il nous a semblé intéressant de poser une série de questions alors que nos étudiants n'ont connu ni la guerre, ni le Mur ni les frontières ? :

- celle de réfléchir à l'économie et à la nouvelle place des acteurs traditionnels dans les nombreux jeux d'un système durement touché mais toujours prêt à rebondir ;

- celle de penser "politique" et peut-être à la fin des antagonismes en prenant conscience que les enfants du Mur d'août 1961 n'ont plus 20 ans et que certains de nos étudiants n'étaient pas encore nés le 9 novembre 1989 au moment de sa démolition…  ;

- celle de se demander ce que signifie « l'Union européenne » et quel sens nous donnons à cette construction héritée du XXe siècle. Nous sentons-nous encore tous concernés par ses racines historiques ou sommes nous aujourd'hui simplement fondus dans un marché à 27 déjà dépassé par une économie mondialisée ?

Pour nous aider à réfléchir, nous avons invité trois experts : Bernard Stiegler, philosophe, Bernard Perret, socio-économiste et Jean-François Jamet, économiste.

Pour ces débats, nous avons sollicité les étudiants de nos écoles. Deux d'entre eux étaient sur la scène (Florian Casanova et Jérémy Corel en 5e année de l'ICD), d’'autres étaient dans la salle (des étudiants de l'ICD de l'ESAM et de l'IGS) qui ont souhaité nous rejoindre et participer à cette soirée à l'instar des chercheurs de Propedia, d'autres encore à la production multimédia, aux micros et aux caméras : 11 étudiants de l'ISCPA-Institut des Médias : Beryl, Guillaume, Olivier, Quentin, Arnaud, Laure, Morgane, Florent, Céline, Johanna et Pauline. Ils alimenteront notre site et assureront la communication des événements avec l'exigence des professionnels.

Nous avons demandé aussi à des anciens de nos écoles, à des responsables d'entreprise ou à des professeurs de participer à cette expérience unique : celle de confronter leurs analyses hors du cadre traditionnel d'un cours ou d'un colloque. Yves Rolland, professeur à l'ESAM, et Erwan Poiraud, directeur de l'Institut International de Commerce et Distribution (ICD) étaient là. D'autres étaient dans la salle et notamment Charles Waldman.

De nombreux anciens ont déjà fait part de leur volonté de participer aux prochains rendez-vous ayant à cœur de prendre la parole pour apporter, transmettre ou simplement partager les idées : nous avons besoin de toutes les contributions pour faire vivre la pensée, enrichir nos réflexions et construire nos futurs.

La soirée s'est terminée avec un extrait de pièce joué par deux élèves comédiens de la Comédie française, Camille Blouet et Christophe Dumas. Nous promettions une surprise culturelle de qualité : elle était au rendez-vous.

Le prochain Atelier se réunit le 19 janvier 2010 : tenez-vous prêts !

Frank de Nebehay
Secrétaire Général
Producteur de l'Atelier des Savoirs
Oct 16th

Jean Lebrun

By Groupe IGS
Animateur de l'Atelier des Savoirs, journaliste de France Culture, Jean Lebrun a dirigé de nombreuses émissions de plateau et notamment Travaux Publics. Il produit et coordonne aujourd'hui les émissions A voix nue et Sur les docks.
Oct 15th

Le Grenier des Grands-Augustins

By Groupe IGS

Balzac, Jean-Louis Barrault, Picasso...

Un lieu mythique pour le C.N.E.A. : le Grenier des Grands-Augustins

Balzac y situe l'action de son "Chef d'œuvre inconnu", nouvelle fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les peintres Porbus et Frenhofer.

"Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d'une maison située rue des Grands Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l'irrésolution d'un amant qui n'ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu'elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si Maître François Porbus était en son logis.

Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les degrés, et s'arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan de fraîche date, inquiet de l'accueil que le roi va lui faire. Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment sur le palier, incertain s'il prendrait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l'atelier où travaillait sans doute le peintre de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur amour pour l'art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque chef-d'œuvre."

Jean-Louis Barrault y installe sa compagnie en 1934

Claudel, Jean Artaud, Aragon, Georges Bataille, André Masson, Claude Dauphin, Giraudoux, Cocteau, Jules Romains, Armand Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Jean-Paul Sartre et bien sûr Madeleine Renaud. Tous se retrouvaient régulièrement au "Grenier des Grands Augustins", résidence de Jean-Louis Barrault entre 1933 et 1936. "Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait y habiter qui voulait"…

Laissons à Jean-Louis Barrault (de 1934 à 1936) évoquer sa vie au grenier ces "trois années de lumière" dans ses "Souvenirs pour Demain" (1972 - Editions du Seuil).

"J'avais trouvé un lieu merveilleux, rue des Grands Augustins, au 7 ou au 11, en tout cas deux bons chiffres. Vieil immeuble du XVIe siècle qui, le soir, était complètement vide. On y accédait par quelques marches au fond d'une cour bosselée de vieux pavés. A ce rez-de-chaussée surélevé siégeait le Syndicat des huissiers. Au-dessus, il y avait une industrie de tissage avec de vieux métiers très beaux. J'avais loué le dernier étage. Trois pièces bizarres avec de magnifiques poutres apparentes.

La première avait quatorze mètres sur huit. J'en fis mon atelier de travail et nous y donnâmes des représentations. (Il devait devenir, plus tard, l'atelier de Picasso). La deuxième pièce, de quinze mètres sur quatre, devint à la fois dortoir, salle à manger, toilettes, fourre-tout : la salle commune. Je revois une étiquette "Le lavabo doit rester bo". La troisième, de huit mètres sur quatre, je me la réservai pour moi. Mais souvent, quand je rentrais tard dans la nuit, je trouvais des gens dans mon lit.

Je fondai une compagnie : le Grenier des Augustins. Jean Dasté, au début, s'y était associé, il reprit vite sa liberté ; il eut raison car j'étais loin d'être mûr. Il me fallait encore beaucoup vivre.

J'étais très neuf alors, très primitif, je n'avais pas assez de connaissances spéciales pour devenir un intellectuel ; beaucoup de choses devaient me passer au-dessus de la tête. D'ailleurs, on ne me demandait pas de comprendre. J'étais conquis, c'était suffisant. Au reste, tout cela n'était pas tellement clair. A la papauté de Breton, au schisme communiste d'Aragon, à la dispersion des individualistes, on pouvait ajouter une quatrième veine ; celle qui venait du mouvement Dada : Tristan Tzara, Dr Fraenkel, etc. Tout le monde se mélangeait. Breton et Georges Bataille me demandèrent l'hospitalité au Grenier pour tenir leurs assemblées. C'est ainsi que, le 21 janvier 1936 eut lieu une grave cérémonie pleine d'humour à propos de la décollation de Louis XVI. L'humour. C'est du sérieux qui ne se prend pas au sérieux pour ne pas devenir trop sérieux.

Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait y habiter qui voulait. J'en laissais à mes camarades. Nous avions installé des lits dans tous les coins. Une république idéale. Une fois par semaine, nous organisions un pique-nique. Chacun apportait ce qu'il voulait. Les filles de notre groupe confectionnaient un plat. Je revois une énorme bassine remplie de calamars. L'imagination des convives n'était pas toujours éveillée et il nous arrivait parfois quarante camemberts que nous nous efforcions d'épuiser durant le reste de la semaine.

Joseph Kosma, compositeur tzigane, nous écrivait de merveilleuses chansons sur des poèmes de Prévert. Nous cherchions un enfant. Itkine m'en indique un qui traîne dans un quartier populaire de Paris, il doit avoir dans les huit ans, ne craint que deux espèces d'animaux : les flics et les chiens. Ce petit s'appelait Mouloudji. II trouve son lit au Grenier. Le premier soir, il venait de se coucher mais nous l'entendions remuer. (...)".

Le grenier des Grands Augustins.jpg

L'Atelier de Picasso (1936-1955)

En 1929, Pablo Picasso, qui voue une passion au "Chef d'œuvre Inconnu", illustre la nouvelle de Balzac en l'ornant de onze eaux fortes. Sept ans après, il s'installe au Grenier des Grands-Augustins où il crée notamment "Guernica".

Dans son magnifique livre "Conversations avec Picasso", paru chez Gallimard, Brassaï, cet immense photographe qualifié "d'œil vivant" par Henry Miller décrit la nouvelle résidence de Picasso.

"Dans ce très vieux coin de Paris, la rue porte le nom d'un ancien couvent rasé en 1791 et dont les terres s'étendaient jusqu'aux rue de Nevers, rue Guénégaud et rue Christine où habita Gertrude Stein et demeure encore Alice Toklas. Le petit hôtel particulier, à l'angle de la rue et du quai des Grands Augustins, occupé par le restaurant Lapérouse, est du XVe siècle. Je connaissais déjà la demeure patricienne du XVIIe siècle du n° 7 et les deux étages supérieurs devenus l'atelier de Picasso. Avant lui, Jean-Louis Barrault y répétait des pièces de théâtre ; et j'avais assisté parfois dans le "grenier Barrault" à ces séances. C'est d'ailleurs l'acteur qui avait signalé à Picasso ces curieux locaux disponibles, et celui-ci fut aussitôt séduit. En plus vaste, ils lui rappelaient le Bateau-Lavoir, dont secrètement il garda toute sa vie la nostalgie. Il pouvait y avoir l'impression d'être à l'intérieur d'un navire avec ses passerelles, ses soutes, sa cale.

Une autre séduction de cette maison : Balzac y avait situé son Chef-d'œuvre inconnu. C'est dans cette demeure l'hôtel de Savoie-Carignan avant la Révolution qu'il faisait rencontrer le maître Frenhofer avec François Porbus et Nicolas Poussin; c'est là que le héros de son roman s'éloignant, dans sa soif d'absolu, de plus en plus de la représentation de la nature, créa et détruisit son chef-d'œuvre et mourut... La description que Balzac donne de cette maison, de l'escalier raide et sombre, est d'ailleurs d'une ressemblance assez frappante. Ému et stimulé à l'idée de prendre la place de l'illustre ombre de Frenhofer, Picasso loua aussitôt l'atelier. C'était en 1937. Et sur le lieu du Chef-d'œuvre inconnu il allait peindre le "chef-d'œuvre bien connu" : Guernica.

Le Grenier des Grands-Augustins aujourd'hui

Le Grenier des Grands-Augustins appartient à La Chambre des Huissiers de Justice de Paris qui a accepté de mettre gracieusement ce lieu à la disposition du C.N.E.A.

La totalité des travaux de rénovation a été réalisée grâce au mécénat. Que soient tout particulièrement remerciés : La Chambre des Huissiers de Justice de Paris, Marc-Alpinien Lachan, Carlos Sarréa, le Groupe IGS, le Groupe Sup de Co Amiens, Rexel, Legrand, le cabinet d'architecture Bernard Poète, Bouygues SA, Célimage, Christophe Cauchetier, Lefranc & Bourgeois, le Syndicat des Fabricants de Couleurs Fines, la Samaritaine, les pianos Steingraeber, Arts Films Productions, RLP, New-Tone, I.M.P. Graphic, Frega Grandes Cuisines, Rinol France, W Associé.

Alain Casabona, Délégué général, C.N.E.A.
Comité National pour l’Education Artistique
7, rue des Grands Augustins - 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 09 00
c.n.e.a@wanadoo.fr
www.cnea.fr