Jan 20th

L'ateliers des savoirs : étudiants, osez !

By Marie
L'atelier des savoirs est une très belle initiative. Il s'agit d'une réelle opportunité d'échanger et d'apprendre avec  des personnes d'âges, d'expériences professionnelles et de vie différentes.
Etudiants : osez vivre cette expérience !
Jan 13th

Le pacte social de l'entreprise fragilisé par la souffrance au travail

By Marie

Comment l'entreprise pourrait-elle être un lieu de sociabilisation alors que  la souffrance au travail touche de plus en plus de salariés ?

Alors que 4 millions de personnes en France souffrent du chômage et de ses conséquences, quatre salariés sur dix souffrent du stress au travail. Le travail deviendrait synonyme de  souffrance. Dans ces deux situations, le lien social est affecté. L'entreprise devrait être un lieu privilégié de socialibisation, mais il est difficile  pourtant d'y croire compte tenu du contexte actuel.

L'entreprise comme lieu privilégié de sociabilisation

Le travail est un élément fondateur de la construction de nos relations sociales et fondateur de la construction de soi-même en général. Il est en effet facteur d'intégration et d'équilibre. Gagner sa vie, se sentir utile, voir son travail reconnu, savoir que ses compétences sont appréciées, partager et développer ses connaissances, s'épanouir….autant d'intérêts que l'on peut trouver dans le travail.

Par le travail, l'entreprise joue un rôle important dans la transmission de valeurs telles que le respect de l'autre, de sa culture et de son travail, l'écoute…

Le regard de l'entreprise a évolué sur l'homme de part le développement de la gestion des ressources humaines. "La bonne personne à la bonne place" en serait finalement la ligne directrice. L'apparition de ce service dans les entreprises illustre une nouvelle conception de l'homme dans l'entreprise, passant d'une simple force de production à une force de proposition. La formation, la mobilité interne et internationale, la gestion des compétences, des savoirs et des hauts-potentiels sont des outils utilisés par les ressources humaines afin que  les salariés soient considérés comme de véritables "ressources" susceptibles d'être un avantage concurrentiel pour l'entreprise.

Avoir un objectif commun est facteur d'intégration et donc de sociabilisation. Les salariés sont alors mobilisés autour de grands enjeux pour l'entreprise et cela ravive l'appartenance à un groupe. Travailler en mode projet facilite ou rend difficile le vivre ensemble, mais il ne s'agit là que du reflet de la complexité des relations humaines.

Au regard de ces principes, l'idée d’un pacte social autour de l'entreprise à l'image du contrat social de Rousseau est viable.

Dans son œuvre, le Contrat social, Rousseau cherche le fondement d'une autorité légitime parmi les hommes. Il s'agit pour lui de définir à quelles conditions l'homme peut se soumettre à une autorité, sans rien perdre de sa liberté. L'homme étant naturellement libre, ce fondement ne peut être qu'une convention. L’enjeu du contrat social est de : "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun, s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste aussi libre qu'auparavant".

Néanmoins, il est difficile d'y croire compte tenu du fait que la relation de confiance dans l'entreprise est de plus en plus affectée. Ceci se traduit par le nombre croissant de salariés souffrant du stress au travail ,troisième risques psycho-sociaux dont est touché le monde du travail d'aujourd’hui.

Le stress au travail, le rôle de sociabilisation de l’entreprise mise à mal

32 salariés de France Telecom suicidés depuis 2008, un salarié européen sur cinq déclarant souffrir de troubles de santé liés au stress au travail, 50 à 60% de journées perdues en raison du stress au travail, 13% des salariés disent "travailler d'une façon qui heurte leur conscience professionnelle".

Les conditions de travail  se sont améliorées ces dernières années et le temps passé à travailler a diminué, et pourtant, ces quelques chiffres sont préoccupants. Le stress au travail n'a jamais été autant d’actualité. Les organisations patronales et syndicales européennes ont en effet conclu un accord-cadre européen le 8 octobre 2004, transposé en droit français le 2 juillet 2008. En parallèle, le gouvernement s'est aussi emparé du sujet multipliant enquêtes et rapports afin de  mettre en œuvre des actions efficaces de lutte contre la souffrance au travail. L'accent est mis sur la prévention, et ce à l'échelle européenne par le biais de la campagne "Mieux vivre au travail" ayant pour objectif de sensibiliser et d'encourager les différents acteurs (entreprise, partenaires sociaux) à mieux prévenir le stress au travail.

Le changement apparait comme l'une des sources de stress. L'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail définit le stress comme « un déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu'elle a de ses ressources pour y faire face". Ce déséquilibre serait accentué dans une situation de changement où l'inconnu fait peur.

Dans un contexte très concurrentiel et face à une demande toujours plus exigeante, le changement en tant que tel semble être la norme. Produire plus et plus vite. Tous les départements de l'entreprise sont touchés, des modélistes aux commerciaux en passant par le marketing et  la production. La pression qui s'exerce directement sur ces personnes est sans précédent. L'entreprise se doit d'être sans arrêt à l'affut des opportunités et de les traiter le plus rapidement possible.

Le rapport au temps n’est plus le même, il est compressé. Un individu dépassant le temps requis va se sentir dépassé  et inadapté. Le manque de confiance en soi et en ses compétences va se ressentir. Un autre individu va respecter les délais mais le goût pour le travail bien fait en sera probablement affecté.

De plus, il n'y a plus de temps accordé à  l'évaluation du travail par l'individu lui-même. Une mission fait appelle à une autre. Pourtant, prendre le temps de regarder, d'analyser, d'apprécier le travail fini est bénéfique tant pour l'individu que pour l'entreprise.

C'est finalement le sens du travail qui est galvaudé aujourd'hui dans nos entreprises. Alors que l'entreprise  devrait être un lieu d'épanouissement personnel et professionnel, elle est un lieu de souffrance .La santé des individus est fragilisée ainsi que leurs relations sociales. Ceci n'est pas acceptable. Les ressources humaines ont alors un rôle fondamental dans l'accompagnement au changement.

La gestion humaine des ressources serait sans doute l'une des solutions pour que le pacte social autour de l'entreprise soit effectif.