Le pacte social de l'entreprise fragilisé par la souffrance au travail
By Marie
Comment l'entreprise
pourrait-elle être un lieu de sociabilisation alors que la
souffrance au travail touche de plus en plus de
salariés ?
Alors que 4 millions de personnes en France souffrent du chômage
et de ses conséquences, quatre salariés sur dix souffrent du
stress au travail. Le travail deviendrait synonyme de
souffrance. Dans ces deux situations, le lien social est affecté.
L'entreprise devrait être un lieu privilégié de socialibisation,
mais il est difficile pourtant d'y croire compte tenu du
contexte actuel.
L'entreprise comme lieu privilégié de
sociabilisation
Le travail est un élément fondateur de la construction de nos
relations sociales et fondateur de la construction de soi-même en
général. Il est en effet facteur d'intégration et
d'équilibre. Gagner sa vie, se sentir utile, voir son
travail reconnu, savoir que ses compétences sont appréciées,
partager et développer ses connaissances, s'épanouir….autant
d'intérêts que l'on peut trouver dans le travail.
Par le travail, l'entreprise joue un rôle important dans la
transmission de valeurs telles que le respect de l'autre, de
sa culture et de son travail, l'écoute…
Le regard de l'entreprise a évolué sur l'homme de part le
développement de la gestion des ressources humaines. "La bonne
personne à la bonne place" en serait finalement la ligne
directrice. L'apparition de ce service dans les entreprises
illustre une nouvelle conception de l'homme dans l'entreprise,
passant d'une simple force de production à une force de
proposition. La formation, la mobilité interne et internationale,
la gestion des compétences, des savoirs et des hauts-potentiels
sont des outils utilisés par les ressources humaines afin
que les salariés soient considérés comme de véritables
"ressources" susceptibles d'être un avantage concurrentiel pour
l'entreprise.
Avoir un objectif commun est facteur d'intégration et donc de
sociabilisation. Les salariés sont alors mobilisés autour de
grands enjeux pour l'entreprise et cela ravive l'appartenance à
un groupe. Travailler en mode projet facilite ou rend difficile
le vivre ensemble, mais il ne s'agit là que du reflet de la
complexité des relations humaines.
Au regard de ces principes, l'idée d’un pacte social autour de
l'entreprise à l'image du contrat social de Rousseau est
viable.
Dans son œuvre, le Contrat social, Rousseau cherche le fondement
d'une autorité légitime parmi les hommes. Il s'agit pour lui de
définir à quelles conditions l'homme peut se soumettre à une
autorité, sans rien perdre de sa liberté. L'homme étant
naturellement libre, ce fondement ne peut être qu'une convention.
L’enjeu du contrat social est de : "Trouver une forme
d'association qui défende et protège de toute la force commune la
personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun,
s'unissant à tous, n'obéisse pourtant qu'à lui-même, et reste
aussi libre qu'auparavant".
Néanmoins, il est difficile d'y croire compte tenu du fait que la
relation de confiance dans l'entreprise est de plus en plus
affectée. Ceci se traduit par le nombre croissant de salariés
souffrant du stress au travail ,troisième risques psycho-sociaux
dont est touché le monde du travail d'aujourd’hui.
Le stress au travail, le rôle de
sociabilisation de l’entreprise mise à mal
32 salariés de France Telecom suicidés depuis 2008, un salarié
européen sur cinq déclarant souffrir de troubles de santé liés au
stress au travail, 50 à 60% de journées perdues en raison du
stress au travail, 13% des salariés disent "travailler d'une
façon qui heurte leur conscience professionnelle".
Les conditions de travail se sont améliorées ces dernières
années et le temps passé à travailler a diminué, et pourtant, ces
quelques chiffres sont préoccupants. Le stress au travail n'a
jamais été autant d’actualité. Les organisations patronales et
syndicales européennes ont en effet conclu un accord-cadre
européen le 8 octobre 2004, transposé en droit français le 2
juillet 2008. En parallèle, le gouvernement s'est aussi emparé du
sujet multipliant enquêtes et rapports afin de mettre en
œuvre des actions efficaces de lutte contre la souffrance au
travail. L'accent est mis sur la prévention, et ce à l'échelle
européenne par le biais de la campagne "Mieux vivre au travail"
ayant pour objectif de sensibiliser et d'encourager les
différents acteurs (entreprise, partenaires sociaux) à mieux
prévenir le stress au travail.
Le changement apparait comme l'une des sources de stress.
L'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail
définit le stress comme « un déséquilibre entre la
perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son
environnement et la perception qu'elle a de ses ressources pour y
faire face". Ce déséquilibre serait accentué dans une situation
de changement où l'inconnu fait peur.
Dans un contexte très concurrentiel et face à une demande
toujours plus exigeante, le changement en tant que tel semble
être la norme. Produire plus et plus vite. Tous les départements
de l'entreprise sont touchés, des modélistes aux commerciaux en
passant par le marketing et la production. La pression qui
s'exerce directement sur ces personnes est sans précédent.
L'entreprise se doit d'être sans arrêt à l'affut des opportunités
et de les traiter le plus rapidement possible.
Le rapport au temps n’est plus le même, il est compressé. Un
individu dépassant le temps requis va se sentir dépassé et
inadapté. Le manque de confiance en soi et en ses compétences va
se ressentir. Un autre individu va respecter les délais mais le
goût pour le travail bien fait en sera probablement
affecté.
De plus, il n'y a plus de temps accordé à l'évaluation du
travail par l'individu lui-même. Une mission fait appelle à une
autre. Pourtant, prendre le temps de regarder, d'analyser,
d'apprécier le travail fini est bénéfique tant pour l'individu
que pour l'entreprise.
C'est finalement le sens du travail qui est galvaudé aujourd'hui
dans nos entreprises. Alors que l'entreprise devrait être
un lieu d'épanouissement personnel et professionnel, elle est un
lieu de souffrance .La santé des individus est fragilisée ainsi
que leurs relations sociales. Ceci n'est pas acceptable. Les
ressources humaines ont alors un rôle fondamental dans
l'accompagnement au changement.
La gestion humaine des ressources serait sans doute l'une des
solutions pour que le pacte social autour de l'entreprise soit
effectif.
Le Temps des Hommes
By Groupe IGSL’Atelier des Savoirs – l’ADS pour certains – est un rendez-vous d’un type unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème proche de l’actualité.
De nombreux invités ont déjà vécu cette expérience sur le plateau ou dans la salle et ont pu débattre avec des philosophes, des chefs d’entreprise, des économistes ou des sociologues. Chacun a la chance de participer au débat et de faire la connaissance, sur un site privilégié et à l’occasion d’un rendez-vous fondé sur la convivialité, de personnalités hors du commun.
Le 9 novembre à 19h à l’Atelier Picasso,
Jean Noël Jeanneney, Victor Malka et Emmanuel Carré (et sans
doute un compositeur) vous attendent pour parler du « Temps
des Hommes », celui de la culture, de la religion, de la
pédagogie et de la musique, celui qui est si important et qui
pourtant nous échappe. Comment l’homme de culture Jean-Noël
Jeanneney, qui se plonge dans le passé pour mieux lire le
présent, appréhende son métier et notre époque ? comment
Victor Malka parle des repères temporels d’une religion, de
l’arrêt du temps pour la prière ou le recueillement ou tout
simplement le partage ...
Comme à chaque rendez-vous, une surprise culturelle vous fera
découvrir de jeunes talents qui font confiance à l’Atelier.
Le cocktail et nos vins de petits producteurs vous accueilleront
dès 18h30.
Alors, rendez-vous le 9 novembre à 19h au 7 rue des Grands-Augustins, Métro Saint-Michel ou Odéon.
Avec mes remerciements.
Frank de Nebehay
Secrétaire général - Groupe IGS
1, rue Jacques Bingen - 75017 Paris
01 56 79 69 09 - 06 75 90 32 17
fdenebehay@groupe-igs.fr
Les enjeux contradictoires de l'information en entreprise
By CarolineToute activité pour se réaliser utilise et produit de l’information. Est qualifiée d’information des faits, des événements, provenant de l’extérieur et qui sont interprétés par l’individu. L’information est nécessaire à l’homme, à la société et à l’organisation. Elle joue un rôle primordial dans la découverte, l’interprétation et la compréhension de son environnement. Elle permet à l’organisation et à l’homme de se situer dans celui-ci (repérage temporel et spatial), d’analyser et d’anticiper les situations auxquelles il doit faire face.
L’information interprétée, structurée et mémorisée devient connaissance. Pour JM Clark, « la connaissance est le seul instrument de production qui n’est pas sujet à la dépréciation ». La compétitivité des organisations passe désormais moins par ses structures et sa productivité que par la gestion de son capital immatériel (compétences métiers, savoirs, savoirs-faire, brevets…).
La maîtrise de l’information est donc essentielle pour
chacun des acteurs de la vie en entreprise. Pourtant les enjeux
de son management et celui de ses collaborateurs ne sont pas si
facilement
superposables.
A) LES ENJEUX COMMUNS
Détenir l’information et l’utiliser au bon moment et à bon escient sont les principaux enjeux de l’organisation et de ses collaborateurs.
Et pourtant, l’accroissement tant de la quantité d’informations que de sa vitesse rend particulièrement complexe leur sélection et leur utilisation.
Pour P. Aron et C. Petit « l’humanité a produit au cours des 30 dernières années plus d’informations qu’en 2000 ans d’histoire, et ce volume d’informations double tous les 4 ans. La qualité du filtre est donc essentielle ». Si l’information est omniprésente, elle est encore plus souvent surabondante et inutile.
Avec deux écueils majeurs : la désinformation (présenter une information fausse comme étant vraie) et la surinformation (trop d’informations non pertinentes).
La règle d’or est qu’une information ne doit pas être
considérée comme fiable en tant que telle. Pour avoir une valeur,
l’information doit être authentifiée. S’informer ce n’est pas
seulement accéder à une information donnée mais c’est en
reconnaître la source, la fiabilité et la finalité pour en
apprécier l’utilité. Ce réflexe de recherche de validité doit
devenir automatique pour l’organisation comme pour l’acteur, tant
dans le recueil et l’analyse de l’information, que dans son
traitement et dans son dans l’utilisation.
B) LES ENJEUX STRATEGIQUES POUR L’ORGANISATION
1) Assurer une veille stratégique
Toute organisation, pour subsister, décider de son avenir et prendre des décisions stratégiques ou opérationnelles doit construire une représentation de sa place sur le marché, de ses technologies et surveiller l’environnement juridique, économique et réglementaire pour pouvoir anticiper. Elle doit connaître ses principaux concurrents, leurs produits, leurs clients. Elle doit également assurer une veille stratégique ou « intelligence économique », qui concerne les milieux décisionnels supérieurs de l’entreprise et qui lui permet d’anticiper les grandes décisions de l’entreprise sur le long terme.
2) Organiser l’accès à l’information : le Système d’Informations (SI)
Le SI constitue la réponse de l’organisation pour résoudre ses problèmes d’information et la doter de dispositifs pour gérer l’information qui circule entre ses membres. Il s’inscrit directement dans la trilogie Information/Décision/Action et est dévolu à l’aide à la décision et à la coordination opérationnelle.
Selon Hugues Angot « le SI est un réseau complexe de relations structurées où interviennent hommes, machines et procédures qui a pour but d’engendrer des flux ordonnés d’informations pertinentes provenant de différentes sources et destinées à servir de base aux décisions ».
3) Le management des connaissances
Le management des connaissances (ou « knowledge management ») est l’ensemble des méthodes et des techniques permettant de percevoir, d’identifier, d’analyser, d’organiser, de mémoriser et de partager des connaissances entre les membres d’une organisation ou d’une entreprise.
Si le SI s’assure que les informations sont disponibles, le « knowledge management » veille à ce qu’elles soient bien traitées pour être distribuées aux bonnes personnes au bon moment. En effet, les organisations commencent à percevoir que la mise à disposition du maximum d’informations ne rend pas celles-ci automatiquement pertinentes ni exploitables pour le bénéfice de l’organisation.
En effet, les acteurs de l’organisation ne doivent pas se limiter à la consommation d’informations brutes. Ils doivent également envisager les usages des informations, ce qui implique l’interprétation, la structuration, la capitalisation et le partage des connaissances.
Dans la pratique, il est délicat de déterminer exactement à quel moment les données deviennent informations et à quel moment l’information devient connaissance. Le plus important est de mobiliser les efforts vers la capitalisation de la connaissance et de la valeur ajoutée et progresser le long du continuum Donnée/Information/Connaissance.
Pour l’organisation, tout le monde doit non seulement avoir accès à toute l’information, mais aussi la partager pour favoriser la mutualisation et l’innovation. Mais c’est à cette étape clé que la situation se complique…
En effet , la volonté stratégique d’une organisation est de s’approprier et de pérenniser les connaissances en son sein, au-delà des compétences des uns et des autres. La mise en écrits et la mise en collectif de l’information entrent dorénavant dans les attributions d'un management renouvelé. Le management des connaissances permet aux entreprises de s’affranchir des aléas liés aux individus pour intégrer des savoir-faire clefs dans leur patrimoine collectif. Une fois les connaissances intégrées au système d’information de l’entreprise, les personnes ne sont plus détentrices de leurs savoirs, celui-ci est transféré à l’organisation. Ainsi l’activité pourrait être regardée comme un processus qui peut être découpé en tâches et menée séquentiellement, de façon détachée du de l’individu… et les individus deviendraient les plus interchangeables possible…
A cet égard, la dimension technique du management des connaissances semble être à maturité. Les nouveaux logiciels (groupware, workflow etc…), les serveurs communs se développent à grande vitesse. Les outils sont d’ores et déjà à la pointe pour encadrer l’activité d’information de ses acteurs et imposer la mutualisation, la circulation le partage et l’échange des informations.
Mais qu’en est-il de la dimension humaine ? Limiter l’autonomie informationnelle de l’acteur tout en lui demandant de formaliser ses gestes et réflexions, ses projets et résultats, de les mettre en commun, voire de penser selon des règles édictées en dehors de lui constitue une nouvelle pression et n’est donc pas sans arrière-pensée pour l’organisation…
C) LES ENJEUX SPECIFIQUES DES ACTEURS
Vis-à-vis de l’information, l’acteur en entreprise est tour à tour décideur, concepteur, producteur, gestionnaire et utilisateur.
L’information, l’acteur en a besoin pour lui-même. Mais il peut aussi l’utiliser en la mettant (ou non) au service des autres (équipe, hiérarchie…) pour se coordonner avec eux ou pour mutualiser et partager.
En tout état de cause, l’acteur jouit d’une part d’autonomie dans la façon dont il choisit les moyens mobilisés pour effectuer son travail.
Tous ces aspects donnent la mesure de cette activité extrêmement personnelle, qui se trouve sans cesse reliée au plan collectif, par l’activation de circuits ou d’outils mis en place pour travailler ensemble.
Cette gestion des relations à l’information conduit donc à réfléchir à la façon dont sont mis en concordance les intérêts individuels et l’intérêt général. Il s’opère nécessairement une conciliation, sans cesse remise en cause et renégociée, qui s’effectue entre les intérêts individuels et les intérêts collectifs.
Ainsi, le partage des dossiers personnels sur un serveur commun réactive des questions comme la propriété et la possession…
Ce partage entraîne légitimement une méfiance et une résistance des acteurs impliqués : une fois leurs connaissances intégrées au système d’information de l’entreprise, quelle sera leur valeur ajoutée ? La stratégie de l’organisation se heurte dès lors aux stratégies individuelles de ses acteurs, à leur force d’inertie ou à leur résistance active (détournement…).
Un bras de fer s’est d’ores et déjà engagé entre les acteurs et les outils…
CONCLUSION
L’instrumentalisation de l’activité d’information par l’organisation peut laisser croire que la rationalisation pourrait être parfaite. En réalité, elle est limitée de fait. L’acteur dispose d’une a une marge de liberté et de l’autonomie pour choisir ses ressources en fonction de sa personnalité, de ses compétences et de ses objectifs… et pour travailler (ou non) avec autrui. Sa capacité d’étonnement, sa curiosité, son ouverture, sa réflexion son adaptation ne peuvent pas être structurés et pourtant ils composent l’intelligence de l’organisation. Selon Davenport et Prusack, « ce sont des gens (seuls ou en entreprise) qui transforment des données en informations et des informations en connaissances et des connaissances en compétences ».
L’entourer de systèmes d’informations et d’outils divers en espérant qu’il s’en servira relève de l’utopie. La question de l'adéquation des intérêts privés et de l'intérêt collectif, ou bien commun informationnel ne pourra être éludée. Il est impératif de retravailler la notion de communauté en informations. Et un accompagnement sur les enjeux des nouvelles formes de travail collectif est nécessaire.
Pour Robert Escarpit « c’est à nous de décider si le fil par lequel Shannon fait passer ses bits servira à nous étrangler les uns après les autres ou s’il nous donnera la vie unanime d’une conversation dans laquelle chacun aura son mot à dire ».
Le pacte social dans l'entreprise... : une belle idée ?
By thibault
Le pacte social, expression qui trouve son origine (dans le sens
qu'on lui donne aujourd'hui) chez Jean-Jacques ROUSSEAU. L'un des
pères de la pensée moderne. Il s'est interrogé sur l’état de
nature de l'homme. Par le mythe du bon sauvage, ROUSSEAU
s'attache à affirmer que par nature, l’homme est un animal
solitaire. Naturellement bon, mais naturellement animé par
l'instinct de conservation, l'homme est individualiste. De là,
l'interrogation essentielle : comment l'homme s'est-il
rassemblé en société puisqu'il est à l'origine un animal
solitaire ?
Voilà la première pierre du pacte social : pour garantir la
liberté et l'égalité de tous, l'homme a aliéné sa propre liberté
naturelle. Il accepte désormais la contrainte de la loi, par un
consensus populaire souverain. C'est le prix à payer pour obtenir
une liberté civile : refuser sa liberté naturelle, refuser
le "chacun pour soi" et la loi du plus fort qui régissait l'état
de nature.
Voilà l'immense défi de notre société en 2010 : préserver à
tout prix le pacte social. Car, si le pacte social disparaît,
c'est toute la société qui s'effondre. L'homme retournerait à
l'état de nature, donc à l'individualisme le plus pur, et à la
loi du plus fort. Ce retour à l'état de nature signerait la fin
de toute forme de société bienfaisante et utile. "L'association
deviendrait nécessairement tyrannique ou vaine." (Du Contrat
Social - Chapitre 2.1 et 2.2).
Je pense que cette synthèse très abrégée, à la limite de la
caricature, dit quelque chose de la pensée dominante aujourd'hui.
C’est la pensée sous-jacente à nos démocraties occidentales.
C'est la justification du pacte social que l'on recherche à tout
prix dans la société et dans l'entreprise. Et en effet, avec
l'éclatement des valeurs traditionnelles qu'étaient la famille,
l'église, l'école, l'armée, le village, et tant d’autres encore,
l'entreprise semble l'ultime planche de salut. Dans ce monde de
2010, dans cette économie mondialisée, dans notre société en
constante évolution, qui change avec une rapidité ahurissante, à
la vitesse d'internet et des moyens de communication,
l'entreprise semble être le lieu le plus stable et le plus solide
sur lequel on puisse s'appuyer.
De manière générale, le citoyen français ne trouve plus dans la
famille un lieu de sociabilisation : divorcé, remarié,
pacsé, demi-frère, demi-sœur, homosexuel, etc… autant
d’expressions, autant de réalité différentes qui ont détruit
l'unité du modèle familial pour une multiplicité de réalités
individuelles qui ne font référence à rien d'autre qu'à un choix
individualiste posé par chacun.
L'église ? Qui va encore à la messe le dimanche ? La
religion semble vaine à la majorité des français.
L'école ? On y entend tout et son contraire, on y vit tout
et son contraire.
L'armée ? Elle n’a jamais été aussi mal vue qu'aujourd’hui.
L'armée, ce sont des scandales à répétition, des excès de
violence, des maladresses (tir à balles réelles en démonstration,
terroriste étouffé dans un sac…).
Non, il ne doit rester que l'entreprise, car après, il n'y a plus
rien. Les collègues deviennent les amis, et les managers
deviennent l'autorité qu'on recherche et dont a besoin pour nous
fixer des repères et un but dans la vie, qu'on ne retrouve nulle
part ailleurs. L'entreprise doit porter cette nouvelle
responsabilité : assurer le pacte social de notre société
moderne. L'entreprise est le biais par lequel l'homme social vit.
L'entreprise a la fonction essentielle d'empêcher l'homme de
revenir à l'état de nature. L'entreprise, c'est le nouveau siège
de la souveraineté populaire.
Voilà grossièrement décrit, selon moi, ce que l'on sous-entend
par : pacte social dans l'entreprise. Mais je
m'interroge.
L'entreprise est le lieu où l'on fait des affaires, du business.
C’est le lieu où l'on travaille en échange d'une rémunération.
L'entreprise ne remplacera jamais la famille, l'école, l'armée ou
l'église. Elle est bien sûr un lieu de sociabilisation. De toute
façon, partout où des hommes se rencontrent, il y a une dimension
sociale. Comme tout lieu de rassemblement, l'entreprise doit bien
sûr chercher à créer des conditions de travail agréables.
L'entreprise doit prendre soin des hommes qui la composent, car
ce sont des êtres humains et non des machines. L'entreprise doit
aussi faire attention à ce qu'elle produit et comment elle le
produit. Elle est régie par des règles morales ; elle ne
doit pas faire n'importe quoi au nom du chiffre d'affaires et du
business ! En matière d'écologie, l'entreprise doit être au
premier plan, car elle fait partie intégrante de la société. Et
son pouvoir d’action (en bien et en mal) est plus important que
celui d'un homme, car elle en représente des dizaines, ou des
centaines, voire des milliers.
Bien sûr l'entreprise est un repère : car dans l'entreprise
des hommes se rencontrent et vivent ensemble quasiment les ¾ de
la semaine. Mais l'entreprise n'est pas LA solution. Je pense que
c'est absurde. L'entreprise a toujours été premièrement le lieu
où l'on fait des affaires ! Où l'on concentre des
compétences spécifiques pour produire et vendre. Mélanger le
business et le social est dangereux. Qu'il y ait des groupes au
sein des entreprises pour gérer la fonction sociale dans le cadre
du travail (garde des enfants, salles de détente…) je pense que
c'est essentiel. Mais demander à l'entreprise de remplacer la
famille, l'église, l'école, l'armée… c'est très grave.
La famille ne se remplace pas. L'entreprise devrait plutôt
encourager la famille, ce qu'elle ne fait malheureusement pas
assez. L'entreprise est un lieu public et laïc, ce n'est donc pas
l'endroit où l'on pratique sa religion. Tous les hommes
pratiquants des différentes religions ne seront donc jamais
pleinement concernés par le pacte social dans l'entreprise, mais
bien plutôt dans leur vie religieuse qui est beaucoup plus forte
que le travail.
Ce n'est pas non plus à l'entreprise de former ceux qui ne savent
pas lire ni écrire, car ils ont été dans une mauvaise école, ou
ont été eux-mêmes mauvais à l'école. Faire de l'entreprise le
pôle de sociabilisation de nos sociétés modernes, c'est
déresponsabiliser un peu plus l'homme. L'homme ne se prend plus
en main pour construire une famille ; il ne s'active pas
pour placer ses enfants dans de bonnes écoles, pour leur
inculquer les valeurs nécessaires. Il ne croit plus en rien. Il
vient dans l'entreprise pour gagner un salaire, et profiter du
système jusqu'à la retraite, en utilisant au maximum les
ressources et les avantages de son comité d'entreprise. L'homme
n’est plus responsable de rien. C'est l'entreprise et l'Etat qui
sont responsables de tout.
Je suis très pessimiste sur cette idée nouvelle du pacte social
dans l'entreprise. Pour moi, c'est une idée de plus pour refuser
de voir la réalité bien en face : que les hommes n'ont plus
de valeurs, plus de sens à leur vie, parce que les valeurs
défendues aujourd'hui sont vides de sens.
L'homme ne vient pas dans l'entreprise pour ça. L'entreprise ne
se constitue pas pour ça. Les valeurs d'entreprise sont toujours
orientées vers le business. Alors que les valeurs existentielles
pour l'homme, celles qui font vivre la société, et qui sont donc
garantes du vrai pacte social, sont toujours orientées pour son
bonheur.
Business de l'entreprise et bonheur de l'être humain peuvent se
croiser, mais il n'y a pas de corrélation nécessaire entre les
deux. Qu'on laisse l'entreprise faire du business, et qu'on
laisse les valeurs se développer par d'autres biais.
Moi, jeune professionnel RH, je n'attends rien d'autre de
l'entreprise qu'une rémunération juste car liée à l'atteinte
d'objectifs précis, dans le souci d'être moi-même juste et de
cultiver les valeurs que j'ai déjà acquises et en lesquelles je
crois.
Pour un pacte social autour de l'entreprise ?
By EmelinePour un pacte social autour de l'entreprise
L'entreprise se voit peu à peu confier de nouvelles fonctions
allant au-delà de son rôle premier de créateur de richesses.
L'entreprise prendrait une place de plus en plus importante dans
la vie des individus. Non seulement parce que c'est un lieu où
chacun passe beaucoup de temps dans sa vie, mais également car
l'entreprise deviendrait de fait le pôle principal de
sociabilisation de nos sociétés modernes depuis une cinquantaine
d'années. L'entreprise prendrait ainsi le relais d'autres acteurs
dont l'influence tendrait à diminuer depuis une cinquantaine
d'années, tels la famille, l'église, l'école, l'armée, le
village…
L'entreprise doit-elle s'adapter à ses nouvelles fonctions de
fait ? Quel pacte social autour de l'entreprise ?
L'entreprise deviendrait progressivement un acteur central dans
la vie et le développement des individus. Pourtant les salariés
n'ont jamais autant été critiques vis-à-vis de leur entreprise.
Avant les salariés aimaient leur boîte, le lieu où ils
travaillaient, ils étaient attachés à leur entreprise et à leurs
collègues de travail, ils éprouvaient un réel sentiment
d’appartenance. Il existait une réelle solidarité entre les
travailleurs : ils avaient un objectif commun à
atteindre et donnaient le meilleur d'eux-mêmes pour y parvenir.
Le travail d'équipe était enrichissant pour chacun, et
l’aboutissement d’un projet était attribué à l'équipe dans son
ensemble. A ce moment là l'entreprise était sans nul doute un des
vecteurs de sociabilisation et d'épanouissement personnel de
l'individu.
Aujourd'hui la tendance s'est inversée. Les travailleurs ne sont
plus autant attachés à leur entreprise et l'individualisme est
devenue la règle d'or. Les travailleurs sont mis en concurrence
pour atteindre les objectifs fixés avec des récompenses à la clé
pour ceux qui ont le mieux piétiné leurs pairs pour arriver à
leur fin.
Si on suit notre postulat de départ que l'entreprise devient de
fait un véritable acteur de transmissions sociologiques et
psychologiques de valeurs, je pense qu'il devient réellement
urgent de s'inquiéter vu l'état actuel des choses.
Aujourd'hui la plupart des salariés se considèrent comme perdants dans leur relation au travail. En effet les réorganisations incessantes, la crise économique et financière ont notamment atteint la solidité du pacte social interne à l'entreprise.
Une certaine insécurité du parcours professionnel règne
actuellement et nuit fortement au pacte social autour de
l'entreprise qui régnait auparavant. Alors que les salariés
passaient quasiment toute leur carrière dans la même entreprise
sans trop se soucier du lendemain, ils doivent maintenant se
préoccuper de l'évolution de leur carrière et de leur maintien
dans l'emploi. Le CDI constitue le contrat de travail de
principe, cependant en pratique on peut constater sa disparition
progressive au profit des contrats de travail précaires.
Actuellement les salariés ont plutôt tendance à rester 2 à 3 ans
au même poste, puis la plupart quittent l'entreprise pour un
poste plus élevé ailleurs (ou ils évoluent en interne mais ce
n'est pas la majorité). Comment l'entreprise peut-elle être
acteur de transmissions de valeurs alors qu'elle inspire un
sentiment d'insécurité ? Quelles valeurs peut transmettre
l'entreprise alors que le "turnover" est important ?
D'autres facteurs remettent en cause ce pacte social. La
déshumanisation de l'individu est également un sujet préoccupant
dans notre société moderne. Les salariés deviennent des données
quantifiables et ajustables. La pression des objectifs
économiques et financiers fixés par les actionnaires se
répercutent directement sur les salariés via le management qui se
trouve ainsi durcit. C'est à ce moment là que
l'individualisme se trouve à son paroxysme, les salariés font
tout leur possible pour garder leur poste, peu importent les
conséquences.
Les conditions de travail participent également à la mise en
cause de ce pacte. La multiplication des zones de travail en
"open space" provoque un état de stress et d'importantes
difficultés de concentration chez certains salariés. Ce système
permet une auto surveillance à l'intérieur de chaque groupe. Les
individus subissent toute la journée le regard des autres. Les
conditions et l'ambiance de travail peuvent être à l'origine
d’atteintes à la santé des salariés.
Le capital et le travail ne sont pas deux valeurs inconciliables.
Le nouveau pacte social autour de l'entreprise doit prendre en
compte les intérêts de la société et des salariés. Le "contrat"
serait alors : le respect de la dignité au travail contre la
contribution au bien commun de la société.
Une meilleure participation des salariés à la vie de leur
entreprise, une meilleure association aux orientations
stratégiques et aux améliorations des conditions de travail
constituent des pistes potentielles pour que les salariés
reprennent confiance vis-à-vis de leur entreprise. Les salariés
doivent devenir de véritables partenaires et non constituer une
sorte de menace pesant sur la rentabilité de la société.
Selon moi, la tendance actuelle est plutôt à l'amélioration de la
relation de travail. Celle-ci peut constituer une piste pour
ramener progressivement la confiance dans les relations en
entreprise avant de pouvoir à nouveau parler de véritable pacte
social.
Le nouveau pacte social autour de l'entreprise passe tout d'abord
par la confiance réciproque entre les différents acteurs de
l'entreprise. Sans cette confiance retrouvée je ne vois pas
comment l'entreprise pourrait constituer un véritable pôle de
sociabilisation de nos sociétés modernes. Un nouveau rôle est, de
fait, confié à l'entreprise, mais pour l'exercer pleinement
l'entreprise doit adapter son fonctionnement et placer l'humain
au cœur de la vie de l'entreprise en l'associant pleinement à la
performance de celle-ci.
L'entreprise doit progressivement s'adapter à ce nouveau rôle en
travaillant sur le statut du travailleur, ses conditions de
travail, son employabilité, mais également sur la communication
interne, la transparence économique et financière, la RSE…
Le pacte social de l’entreprise
By Kévin"Métro, boulot , dodo" slogan connu d'une répétition journalière à connotation négative. L'on peut désormais ajouter : "Fatigue, migraine, insomnie"... Comment nos grands-parents abattaient ils des journées de 12 heures sans fléchir ??? Sommes-nous devenus de "petites natures" ?
Avant, le travail occupait une place équilibrée et distincte des autres dimensions qui permettaient à l'homme de se construire: la famille, la communauté, la religion. Il y avait donc un temps pour tout. Mais aujourd'hui c’est comme si le travail était au centre de la vie.Le travail étant même devenu la vie. Et l'on a tendance à gérer sa vie comme l'on gère son travail avec des objectifs de performance et le poids des obligations !
Pas étonnant donc que l'entreprise soit aujourd'hui considéré comme un pôle majeur d'intégration. Mais voilà, même le monde de l'entreprise est touché par la crise, financière et/ou humaine menant aujourd'hui au suicide… si cet acte dramatique appartient au domaine de la sphère privé, qu'il soit réalisé dans la sphère publique et dans sa forme la plus démocratisée - l'entreprise - n'est peut être pas anodin du malaise ambiant… Il faut tout de même noter que Renault, EDF, France Télécom sont d'anciennes administrations devenues brusquement des entreprises concurrentielles à marche forcée, (parfois pour survivre, comme Renault). Non seulement ces entreprises ont dû se réorganiser, supprimer des emplois et transformer des compétences. Mais elles ont surtout changé de logique.
A mon avis, nous sommes confrontés à un réel problème : la perte de sens… (dû à de multiples raisons que d'autres sauront beaucoup mieux exprimer que moi : la modernité, la montée de l'individualisme, l'éclatement des valeurs, et même la loi Le Chapelier !) nous cherchons donc - aujourd'hui - à donner ou redonner du sens : donner du sens à son existence, à son travail, à l'Amour, à notre avenir, à nos liens sociaux. Donner du sens à notre identité dans la sphère privé mais aussi dans la sphère publique.
Adapté au milieu de l'entreprise cela donne ceci : "On travaille pour une entreprise, pour un salaire, pour une promotion, pour payer l'hypothèque, pour faire vivre ses enfants, pour acheter le dernier écran plat, payer les dernières traites de la voiture", on travaille donc "pour" et non "parce que". On travaille pour une carotte polymorphe qui anesthésie notre existence… Produire plus pour produire encore plus sans donner de sens… Est-il si étonnant de voir des Hommes craquer devant un tel paradigme ?
Or, le travail est intimement liés aux capacités et qualités de l'homme et de la femme et doit les mettre en valeur. Le travail n'est pas un pis aller, une nécessité mais véritablement une expression de notre humanité. Il est celui qui définit notre identité dans la sphère publique, notre utilité sociale. Ainsi, perdre le sens DE son travail et AU travail, c'est perdre un peu de tout cela, c'est perdre un peu de soi…
Comment redonner du sens au pacte social ?
Un début de réponse serait déjà de dire que les entreprises les
plus intéressantes sont celles qui ont bien intégré la volonté
des salariés de trouver un juste équilibre entre leur vie
personnelle et professionnelle mais aussi de développer leurs
compétences en contrepartie de leur implication. Ce fameux
rapport donnant-donnant, quand il est respecté (ce qui est rare,
qui plus est dans notre logique de course au résultat), me semble
plutôt sain. Il implique par conséquent de ne pas faire de
promesses qu'on ne peut tenir : l'entreprise ne doit pas se
positionner comme un bâtisseur de cathédrale et devrait
arrêter de communiquer si largement sur des valeurs sur
lesquelles personne n'est dupe. Mais elle doit tenter de
réhabiliter la notion de travail bien fait et valoriser la
signification même du travail.
Une autre solution serait peut être de repenser le rôle des organismes intermédiaires et, en particulier, celui des syndicats en élargissant leurs domaines d'actions mais aussi leurs devoirs.
Le Temps des hommes 2011
By Groupe IGS
Le Temps des
hommes
fut le 1e
thème de réflexion abordé par l’Atelier des Savoirs
2010, débats réunissant experts, étudiants, professeurs
et personnalités médiatiques, le premier rendez-vous de l’année
universitaire, aura lieu mardi 9
novembre à 19h00 dans le célèbre Atelier
Picasso*, à Paris.
Pour ce premier rendez-vous, l’Atelier des Savoirs a souhaité arrêter le temps économique et rappeler celui de la connaissance, de la religion, de la pédagogie, celui qui est si important et dont le sens nous échappe dans un mode en profonde interrogation.
L’Atelier des Savoirs, est un rendez-vous unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème d’actualité dans une salle mythique transformée en plateau de télévision dans les conditions du direct par les étudiants de l’ISCPA du Groupe IGS. L’année dernière, de nombreux étudiants ont vécu cette expérience, ont pu débattre, comme tous les invités, avec des intellectuels, des chefs d’entreprise, des économistes et faire la connaissance de personnalités hors du commun. Avec l’Atelier des Savoirs, le Groupe IGS réaffirme son engagement pour la pensée sociétale et fait le pari de réintroduire dans l’apprentissage la culture et les savoirs. Il crée aussi l’émotion en permettant à de jeunes artistes de venir surprendre le public à l’occasion de la « surprise culturelle », des artistes dans l’événement.
Les invités
Jean-Noël Jeanneney, professeur à Sciences po, deux fois secrétaire d’État, PDG de Radio France et Président des Rencontres photographiques d’Arles.Il est producteur de l’émission hebdomadaire « Concordance des Temps », de France Culture, sujet au cœur du sujet. Son ton moderne et ludique constitue la qualité de cet ambassadeur de l’histoire qui a su faire de la Bibliothèque Francois Mitterrand dont il fut le Président, un lieu de culture et de projets.
Victor Malka, est journaliste, écrivain et producteur à France Culture de l’émission « Maison d’études ». Chaque semaine, Il révèle aux auditeurs, l’intelligence et la beauté de la religion, sa complexité et ses joies.
Gérard Pesson, compositeur français de musique classique et professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il est producteur et ancien pensionnaire de la Villa Médicis.
Emmanuel Carré, directeur du développement pédagogique Groupe IGS et auteur de nombreux ouvrages dont le Capital humain paru en 2010 aux éditions Afnor.
Le Temps de l’économie ? Le temps de la finance ?---------------------------------------------------------------
Ce premier rendez-vous de l’année 2011, mardi 25 janvier, concerna le temps de l’économie, de la finance et fera écho à la pédagogie développée par les écoles du Groupe IGS. La mondialisation du travail, des marchés et des entreprises, la multiplication des plateformes financières et des transactions à grande vitesse ou invisibles, nous obligent plus que jamais, à penser le rapport de ces échanges avec les hommes, les structures politiques nationales ou internationales, et l’utilité sociale de ces transactions.
Si l’économie industrielle a contribué à ce type de structuration sociale, « l’économie algorithmique » semble circuler dans des espaces et des temps « an-humains » où des machines alimentées par des programmes complexes agissent au centième de seconde. Peut-on éviter que cette nouvelle économie se retourne contre les hommes, les Etats ou les entreprises à l’occasion de crises financières ou alimentaires ? Comment mieux associer ces transactions à un développement économique durable, profitable aux entreprises et aux citoyens ?
Les invités
Pierre Dockès, économiste, spécialisé dans l’économie politique. Professeur à l’Université de Lumière-Lyon 2, chercheur au Centre A. et L. Walras, il est également membre du cercle des économistes. Auteur de nombreux ouvrages dont le dernier en date est « Jours de colère – L’esprit du capitalisme » Edition Descartes et Cie, 2009, en collaboration avec Francis Fukuyama, Marc Guillaume, Peter Sloterdijk.
Alain Dupont, Ancien PDG de la société COLAS, il préside actuellement la mutuelle SMAvie. Ingénieur, issu de l’Ecole Spéciale des Travaux Publics, il a fait de la filiale des Travaux Routiers de Bouygues, le leader mondial de la construction de routes.
Marc Guillaume, professeur à
l’Université Paris-Dauphine est président du Comité d’experts
scientifiques de l’ANVIE, organisme de médiation entre la
recherche en sciences humaines et
sociales et les entreprises. Son activité s'adresse à toutes les
fonctions de l'entreprise qu’elles concernent les RH, le
marketing, la communication, l’innovation, la
RSE/développement durable etc.).
Olivier Pastré, professeur d’économie à Paris 8. Il anime également tous les samedis matins sur France Culture « L’économie en question ». Son dernier ouvrage « les vingt mensonges qu’on raconte sur la crise », avec Jean-Marc Sylvestre édition Fayard, est en cours de parution.
Ami Karim, slammeur et poète, il charme les villes et les campagnes avec son album urbain Eclipse Totale sorti en en 2007, Virgin Music. Ami Karim nous fera le bonheur d’être notre surprise culturelle du jour.
Le temps de l’histoire, le temps de l’art,-------------------------------------------------------------------------
Un homme, notre histoire, un invité unique.
« On n’est jamais quitte avec son passé », Daniel Cordier,
Extrait d’un entretien avec Pierre Assouline, Octobre 1989
Daniel Cordier est une figure, une personnalité de la résistance, qui accompagna Jean Moulin et dont il fut le secrétaire et proche collaborateur. Daniel Cordier, résistant, biographe, historien, marchant d’art, né le 10 août 1920 à Bordeaux. Unique invité de cette soirée, il viendra exceptionnellement le mercredi 2 mars à l’Atelier Picasso à 19h pour évoquer ses années passion, l’art et son dernier ouvrage Alias Caracalla (Editions Gallimard, Prix Renaudot essai 2009).
Art, entreprises et société : comment ça va ?--------------------------------------------------------------------------
Au-delà de la place des entreprises dans la culture et celle des artistes dans la société, quels sont
les regards des uns sur les autres et les passerelles entre les entrepreneurs, les artistes et nous ?
Art, entreprises et société est le prochain sujet d’actualité et de réflexion abordé par
l’Atelier des Savoirs, mardi 24 mai à partir de 18h30 dans le célèbre Atelier Picasso, à Paris.
Jean Clair* annonce une « massification du culturel » qui s’inscrit dans une période de « glaciation, gel des sentiments et des idées ». Cette période serait heureusement remise en cause par la génération actuelle qui « est en train de se forger les armes assez puissantes pour casser ce pack glaciaire où la culture classique s’est prise en culturel marchandisé. »
Le philosophe Yves Michaud** quant à lui parle de nouvelles tendances fondées sur des « expériences » artistiques (plutôt que d’objets) avec une « créativité extrêmement décentralisée » réalisée par des groupes utilisant des bases industrielles importables sur nos iPhones et pour lesquelles nous mobiliserions de nouvelles perceptions « rapides, hachées, scandées » remettant en cause des pratiques plus lentes et linéaires comme la lecture.
Le rapport de la cour des Comptes sur les musées nationaux salue le dynamisme de nos musées tout en s’inquiétant d’une baisse de la fréquentation des jeunes et d’un mécénat d’entreprise concentré sur un nombre trop limité d’institutions ou de manifestations temporaires.
Quelle est la place actuelle de l’Art, quelles sont les évolutions des pratiques artistiques mais aussi celles du ou des publics, comment les entreprises et les écoles intègrent les nouvelles pistes de créativité ou d’expression dans leurs processus de réflexion voire de management ?
Les invités
- Mme Agnès Saal, Directrice générale du Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou
- Akrylonumerik, Groupe d’artistes proposant dans les rues des performances mêlant street art, outils numériques et réalisateurs de publicités
- M. Pierre Fonlupt, Président du directoire du groupe PLUS et, au MEDE, président de la commission Nouveaux dialogues et vice-président du MEDEF International
- M. Alain Héril, Psychanalyste, formateur et écrivain
- M. Gérard Mathieu, dessinateur à L’Étudiant et au journal Le Monde
- M. Olivier Dusserre, directeur de l’école IGS Paris.
*Interview de J. Savigneau In Le Monde du 7 mai 2011 p.22. Jean Clair est conservateur général du patrimoine et écrivain.
**Interview dans « Beaux Art » N°01081 réalisée par F. Bousteau
Frank de Nebehay, producteur de l'Atelier des Savoirs
Participez aux débats animés par Jean Lebrun, journaliste à France Culture, artisan des médias, animateur longtemps de matinales telles que Culture Matin mais aussi de l’émission « Pot au Feu ». Producteur de « Sur les docs », il est également l'auteur de « Lamennais ou l'inquiétude de la liberté » (Fayard, 1981), de livres d'entretiens avec des historiens (Jacques Le Goff, Michelle Perrot, René Rémond...), éditions Textuel.
Organisés sous la forme d’un plateau de télévision et de radio dans les conditions du direct par les étudiants de l’ISCPA « Institut des Médias » du Groupe IGS*, ces débats accueillent près de 80 personnes dont les apprenants qui interviennent et posent des questions sur le passé afin de mieux appréhender l’avenir.
Pour connaître les prochaines dates et s’informer sur les publications des contenus de « l’Atelier des savoirs » sur le blog www.atelier-des-savoirs.fr