Le Temps des Hommes
By Groupe IGSL’Atelier des Savoirs – l’ADS pour certains – est un rendez-vous d’un type unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème proche de l’actualité.
De nombreux invités ont déjà vécu cette expérience sur le plateau ou dans la salle et ont pu débattre avec des philosophes, des chefs d’entreprise, des économistes ou des sociologues. Chacun a la chance de participer au débat et de faire la connaissance, sur un site privilégié et à l’occasion d’un rendez-vous fondé sur la convivialité, de personnalités hors du commun.
Le 9 novembre à 19h à l’Atelier Picasso,
Jean Noël Jeanneney, Victor Malka et Emmanuel Carré (et sans
doute un compositeur) vous attendent pour parler du « Temps
des Hommes », celui de la culture, de la religion, de la
pédagogie et de la musique, celui qui est si important et qui
pourtant nous échappe. Comment l’homme de culture Jean-Noël
Jeanneney, qui se plonge dans le passé pour mieux lire le
présent, appréhende son métier et notre époque ? comment
Victor Malka parle des repères temporels d’une religion, de
l’arrêt du temps pour la prière ou le recueillement ou tout
simplement le partage ...
Comme à chaque rendez-vous, une surprise culturelle vous fera
découvrir de jeunes talents qui font confiance à l’Atelier.
Le cocktail et nos vins de petits producteurs vous accueilleront
dès 18h30.
Alors, rendez-vous le 9 novembre à 19h au 7 rue des Grands-Augustins, Métro Saint-Michel ou Odéon.
Avec mes remerciements.
Frank de Nebehay
Secrétaire général - Groupe IGS
1, rue Jacques Bingen - 75017 Paris
01 56 79 69 09 - 06 75 90 32 17
fdenebehay@groupe-igs.fr
Construire les futurs
By Groupe IGSQu'est-ce que l'Atelier des savoirs ? Une série de rendez-vous pédagogiques qui réunissent des étudiants, des professeurs, des anciens étudiants, des experts et des responsables d'entreprise pour confronter les points de vue, les expériences ou les différences. Pour les animer, nous avons fait appel à Jean Lebrun, journaliste de France-Culture qui, de "Culture Matin" à "Travaux Publics" sait donner la parole à tous.
Pourquoi avoir choisi comme premier thème "Construire les futurs" ? Il nous a semblé intéressant de poser une série de questions alors que nos étudiants n'ont connu ni la guerre, ni le Mur ni les frontières ? :
- celle de réfléchir à l'économie et à la nouvelle place des acteurs traditionnels dans les nombreux jeux d'un système durement touché mais toujours prêt à rebondir ;
- celle de penser "politique" et peut-être à la fin des antagonismes en prenant conscience que les enfants du Mur d'août 1961 n'ont plus 20 ans et que certains de nos étudiants n'étaient pas encore nés le 9 novembre 1989 au moment de sa démolition… ;
- celle de se demander ce que signifie « l'Union européenne » et quel sens nous donnons à cette construction héritée du XXe siècle. Nous sentons-nous encore tous concernés par ses racines historiques ou sommes nous aujourd'hui simplement fondus dans un marché à 27 déjà dépassé par une économie mondialisée ?
Pour nous aider à réfléchir, nous avons invité trois experts : Bernard Stiegler, philosophe, Bernard Perret, socio-économiste et Jean-François Jamet, économiste.
Pour ces débats, nous avons sollicité les étudiants de nos écoles. Deux d'entre eux étaient sur la scène (Florian Casanova et Jérémy Corel en 5e année de l'ICD), d’'autres étaient dans la salle (des étudiants de l'ICD de l'ESAM et de l'IGS) qui ont souhaité nous rejoindre et participer à cette soirée à l'instar des chercheurs de Propedia, d'autres encore à la production multimédia, aux micros et aux caméras : 11 étudiants de l'ISCPA-Institut des Médias : Beryl, Guillaume, Olivier, Quentin, Arnaud, Laure, Morgane, Florent, Céline, Johanna et Pauline. Ils alimenteront notre site et assureront la communication des événements avec l'exigence des professionnels.
Nous avons demandé aussi à des anciens de nos écoles, à des responsables d'entreprise ou à des professeurs de participer à cette expérience unique : celle de confronter leurs analyses hors du cadre traditionnel d'un cours ou d'un colloque. Yves Rolland, professeur à l'ESAM, et Erwan Poiraud, directeur de l'Institut International de Commerce et Distribution (ICD) étaient là. D'autres étaient dans la salle et notamment Charles Waldman.
De nombreux anciens ont déjà fait part de leur volonté de participer aux prochains rendez-vous ayant à cœur de prendre la parole pour apporter, transmettre ou simplement partager les idées : nous avons besoin de toutes les contributions pour faire vivre la pensée, enrichir nos réflexions et construire nos futurs.
La soirée s'est terminée avec un extrait de pièce joué par deux élèves comédiens de la Comédie française, Camille Blouet et Christophe Dumas. Nous promettions une surprise culturelle de qualité : elle était au rendez-vous.
Le prochain Atelier se réunit le 19 janvier 2010 : tenez-vous prêts !
Secrétaire Général
Producteur de l'Atelier des Savoirs
Le Grenier des Grands-Augustins
By Groupe IGS
Balzac, Jean-Louis
Barrault, Picasso...
Un lieu mythique pour le C.N.E.A. : le Grenier des
Grands-Augustins
Balzac y situe l'action de son "Chef d'œuvre inconnu", nouvelle
fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les
peintres Porbus et Frenhofer.
"Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre,
un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se
promenait devant la porte d'une maison située rue des Grands
Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette
rue avec l'irrésolution d'un amant qui n'ose se présenter chez sa
première maîtresse, quelque facile qu'elle soit, il finit par
franchir le seuil de cette porte, et demanda si Maître François
Porbus était en son logis.
Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée
à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les
degrés, et s'arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan
de fraîche date, inquiet de l'accueil que le roi va lui faire.
Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment
sur le palier, incertain s'il prendrait le heurtoir grotesque qui
ornait la porte de l'atelier où travaillait sans doute le peintre
de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune
homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le
cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur
amour pour l'art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque
chef-d'œuvre."
Jean-Louis Barrault y
installe sa compagnie en 1934
Claudel, Jean Artaud, Aragon, Georges Bataille, André Masson,
Claude Dauphin, Giraudoux, Cocteau, Jules Romains, Armand
Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel
Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Jean-Paul Sartre et bien sûr
Madeleine Renaud. Tous se retrouvaient régulièrement au "Grenier
des Grands Augustins", résidence de Jean-Louis Barrault entre
1933 et 1936. "Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait
y habiter qui voulait"…
Laissons à Jean-Louis Barrault (de 1934 à 1936) évoquer sa vie au
grenier ces "trois années de lumière" dans ses "Souvenirs pour
Demain" (1972 - Editions du Seuil).
"J'avais trouvé un lieu merveilleux, rue des Grands Augustins, au
7 ou au 11, en tout cas deux bons chiffres. Vieil immeuble du
XVIe siècle qui, le soir, était complètement vide. On y accédait
par quelques marches au fond d'une cour bosselée de vieux pavés.
A ce rez-de-chaussée surélevé siégeait le Syndicat des huissiers.
Au-dessus, il y avait une industrie de tissage avec de vieux
métiers très beaux. J'avais loué le dernier étage. Trois pièces
bizarres avec de magnifiques poutres apparentes.
La première avait quatorze mètres sur huit. J'en fis mon atelier
de travail et nous y donnâmes des représentations. (Il devait
devenir, plus tard, l'atelier de Picasso). La deuxième pièce, de
quinze mètres sur quatre, devint à la fois dortoir, salle à
manger, toilettes, fourre-tout : la salle commune. Je revois une
étiquette "Le lavabo doit rester bo". La troisième, de huit
mètres sur quatre, je me la réservai pour moi. Mais souvent,
quand je rentrais tard dans la nuit, je trouvais des gens dans
mon lit.
Je fondai une compagnie : le Grenier des Augustins. Jean Dasté,
au début, s'y était associé, il reprit vite sa liberté ; il eut
raison car j'étais loin d'être mûr. Il me fallait encore beaucoup
vivre.
J'étais très neuf alors, très primitif, je n'avais pas assez de
connaissances spéciales pour devenir un intellectuel ; beaucoup
de choses devaient me passer au-dessus de la tête. D'ailleurs, on
ne me demandait pas de comprendre. J'étais conquis, c'était
suffisant. Au reste, tout cela n'était pas tellement clair. A la
papauté de Breton, au schisme communiste d'Aragon, à la
dispersion des individualistes, on pouvait ajouter une quatrième
veine ; celle qui venait du mouvement Dada : Tristan Tzara, Dr
Fraenkel, etc. Tout le monde se mélangeait. Breton et Georges
Bataille me demandèrent l'hospitalité au Grenier pour tenir leurs
assemblées. C'est ainsi que, le 21 janvier 1936 eut lieu une
grave cérémonie pleine d'humour à propos de la décollation de
Louis XVI. L'humour. C'est du sérieux qui ne se prend pas au
sérieux pour ne pas devenir trop sérieux.
Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait y habiter qui
voulait. J'en laissais à mes camarades. Nous avions installé des
lits dans tous les coins. Une république idéale. Une fois par
semaine, nous organisions un pique-nique. Chacun apportait ce
qu'il voulait. Les filles de notre groupe confectionnaient un
plat. Je revois une énorme bassine remplie de calamars.
L'imagination des convives n'était pas toujours éveillée et il
nous arrivait parfois quarante camemberts que nous nous
efforcions d'épuiser durant le reste de la semaine.
Joseph Kosma, compositeur tzigane, nous écrivait de merveilleuses
chansons sur des poèmes de Prévert. Nous cherchions un enfant.
Itkine m'en indique un qui traîne dans un quartier populaire de
Paris, il doit avoir dans les huit ans, ne craint que deux
espèces d'animaux : les flics et les chiens. Ce petit s'appelait
Mouloudji. II trouve son lit au Grenier. Le premier soir, il
venait de se coucher mais nous l'entendions remuer. (...)".
L'Atelier de Picasso
(1936-1955)
En 1929, Pablo Picasso, qui voue une passion au "Chef d'œuvre
Inconnu", illustre la nouvelle de Balzac en l'ornant de onze eaux
fortes. Sept ans après, il s'installe au Grenier des
Grands-Augustins où il crée notamment "Guernica".
Dans son magnifique livre "Conversations avec Picasso", paru chez
Gallimard, Brassaï, cet immense photographe qualifié "d'œil
vivant" par Henry Miller décrit la nouvelle résidence de
Picasso.
"Dans ce très vieux coin de Paris, la rue porte le nom d'un
ancien couvent rasé en 1791 et dont les terres s'étendaient
jusqu'aux rue de Nevers, rue Guénégaud et rue Christine où habita
Gertrude Stein et demeure encore Alice Toklas. Le petit hôtel
particulier, à l'angle de la rue et du quai des Grands Augustins,
occupé par le restaurant Lapérouse, est du XVe siècle. Je
connaissais déjà la demeure patricienne du XVIIe siècle du n° 7
et les deux étages supérieurs devenus l'atelier de Picasso. Avant
lui, Jean-Louis Barrault y répétait des pièces de théâtre ; et
j'avais assisté parfois dans le "grenier Barrault" à ces séances.
C'est d'ailleurs l'acteur qui avait signalé à Picasso ces curieux
locaux disponibles, et celui-ci fut aussitôt séduit. En plus
vaste, ils lui rappelaient le Bateau-Lavoir, dont secrètement il
garda toute sa vie la nostalgie. Il pouvait y avoir l'impression
d'être à l'intérieur d'un navire avec ses passerelles, ses
soutes, sa cale.
Une autre séduction de cette maison : Balzac y avait situé son
Chef-d'œuvre inconnu. C'est dans cette demeure l'hôtel de
Savoie-Carignan avant la Révolution qu'il faisait rencontrer le
maître Frenhofer avec François Porbus et Nicolas Poussin; c'est
là que le héros de son roman s'éloignant, dans sa soif d'absolu,
de plus en plus de la représentation de la nature, créa et
détruisit son chef-d'œuvre et mourut... La description que Balzac
donne de cette maison, de l'escalier raide et sombre, est
d'ailleurs d'une ressemblance assez frappante. Ému et stimulé à
l'idée de prendre la place de l'illustre ombre de Frenhofer,
Picasso loua aussitôt l'atelier. C'était en 1937. Et sur le lieu
du Chef-d'œuvre inconnu il allait peindre le "chef-d'œuvre bien
connu" : Guernica.
Le Grenier des
Grands-Augustins aujourd'hui
Le Grenier des Grands-Augustins appartient à La Chambre des
Huissiers de Justice de Paris qui a accepté de mettre
gracieusement ce lieu à la disposition du C.N.E.A.
La totalité des travaux de rénovation a été réalisée grâce au
mécénat. Que soient tout particulièrement remerciés : La Chambre
des Huissiers de Justice de Paris, Marc-Alpinien Lachan, Carlos
Sarréa, le Groupe IGS, le Groupe Sup de Co Amiens, Rexel,
Legrand, le cabinet d'architecture Bernard Poète, Bouygues SA,
Célimage, Christophe Cauchetier, Lefranc & Bourgeois, le
Syndicat des Fabricants de Couleurs Fines, la Samaritaine, les
pianos Steingraeber, Arts Films Productions, RLP, New-Tone,
I.M.P. Graphic, Frega Grandes Cuisines, Rinol France, W
Associé.
Alain Casabona, Délégué général, C.N.E.A.
Comité National pour l’Education Artistique
7, rue des Grands Augustins - 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 09 00
c.n.e.a@wanadoo.fr
www.cnea.fr