Oct 20th

Le Temps des Hommes

By Groupe IGS

L’Atelier des Savoirs – l’ADS pour certains – est un rendez-vous d’un type unique en France qui permet aux étudiants, chefs d’entreprise, professeurs et experts de partager leurs savoirs autour d’un thème proche de l’actualité.

De nombreux invités ont déjà vécu cette expérience sur le plateau ou dans la salle et ont pu débattre avec des philosophes, des chefs d’entreprise, des économistes ou des sociologues. Chacun a la chance de participer au débat et de faire la connaissance, sur un site privilégié et à l’occasion d’un rendez-vous fondé sur la convivialité, de personnalités hors du commun.

 Le 9 novembre à 19h à l’Atelier Picasso, Jean Noël Jeanneney, Victor Malka et Emmanuel Carré (et sans doute un compositeur) vous attendent pour parler du « Temps des Hommes », celui de la culture, de la religion, de la pédagogie et de la musique, celui qui est si important et qui pourtant nous échappe. Comment l’homme de culture Jean-Noël Jeanneney, qui se plonge dans le passé pour mieux lire le présent, appréhende son métier et notre époque ? comment Victor Malka parle des repères temporels d’une religion, de l’arrêt du temps pour la prière ou le recueillement ou tout simplement le partage  ...

Comme à chaque rendez-vous, une surprise culturelle vous fera découvrir de jeunes talents qui font confiance à l’Atelier.

Le cocktail et nos vins de petits producteurs vous accueilleront dès 18h30.

Alors, rendez-vous le 9 novembre à 19h au 7 rue des Grands-Augustins, Métro Saint-Michel ou Odéon.

 

Avec mes remerciements.

 

Frank de Nebehay
Secrétaire général - Groupe IGS
1, rue Jacques Bingen - 75017 Paris
01 56 79 69 09 - 06 75 90 32 17
fdenebehay@groupe-igs.fr

 

Oct 27th

Construire les futurs

By Groupe IGS
Le premier "Atelier des Savoirs" s'est réuni le 20 octobre à l'Atelier Picasso sur le thème "Construire les futurs". Cette expérience inédite dans le domaine de la pédagogie s’inscrit dans le souhait du Groupe IGS d'apporter des expériences intellectuelles nouvelles qui permettent d’enrichir les parcours.

Qu'est-ce que l'Atelier des savoirs ? Une série de rendez-vous pédagogiques qui réunissent des étudiants, des professeurs, des anciens étudiants, des experts et des responsables d'entreprise pour confronter les points de vue, les expériences ou les différences. Pour les animer, nous avons fait appel à Jean Lebrun, journaliste de France-Culture qui, de "Culture Matin" à "Travaux Publics" sait donner la parole à tous.

Pourquoi avoir choisi comme premier thème "Construire les futurs" ? Il nous a semblé intéressant de poser une série de questions alors que nos étudiants n'ont connu ni la guerre, ni le Mur ni les frontières ? :

- celle de réfléchir à l'économie et à la nouvelle place des acteurs traditionnels dans les nombreux jeux d'un système durement touché mais toujours prêt à rebondir ;

- celle de penser "politique" et peut-être à la fin des antagonismes en prenant conscience que les enfants du Mur d'août 1961 n'ont plus 20 ans et que certains de nos étudiants n'étaient pas encore nés le 9 novembre 1989 au moment de sa démolition…  ;

- celle de se demander ce que signifie « l'Union européenne » et quel sens nous donnons à cette construction héritée du XXe siècle. Nous sentons-nous encore tous concernés par ses racines historiques ou sommes nous aujourd'hui simplement fondus dans un marché à 27 déjà dépassé par une économie mondialisée ?

Pour nous aider à réfléchir, nous avons invité trois experts : Bernard Stiegler, philosophe, Bernard Perret, socio-économiste et Jean-François Jamet, économiste.

Pour ces débats, nous avons sollicité les étudiants de nos écoles. Deux d'entre eux étaient sur la scène (Florian Casanova et Jérémy Corel en 5e année de l'ICD), d’'autres étaient dans la salle (des étudiants de l'ICD de l'ESAM et de l'IGS) qui ont souhaité nous rejoindre et participer à cette soirée à l'instar des chercheurs de Propedia, d'autres encore à la production multimédia, aux micros et aux caméras : 11 étudiants de l'ISCPA-Institut des Médias : Beryl, Guillaume, Olivier, Quentin, Arnaud, Laure, Morgane, Florent, Céline, Johanna et Pauline. Ils alimenteront notre site et assureront la communication des événements avec l'exigence des professionnels.

Nous avons demandé aussi à des anciens de nos écoles, à des responsables d'entreprise ou à des professeurs de participer à cette expérience unique : celle de confronter leurs analyses hors du cadre traditionnel d'un cours ou d'un colloque. Yves Rolland, professeur à l'ESAM, et Erwan Poiraud, directeur de l'Institut International de Commerce et Distribution (ICD) étaient là. D'autres étaient dans la salle et notamment Charles Waldman.

De nombreux anciens ont déjà fait part de leur volonté de participer aux prochains rendez-vous ayant à cœur de prendre la parole pour apporter, transmettre ou simplement partager les idées : nous avons besoin de toutes les contributions pour faire vivre la pensée, enrichir nos réflexions et construire nos futurs.

La soirée s'est terminée avec un extrait de pièce joué par deux élèves comédiens de la Comédie française, Camille Blouet et Christophe Dumas. Nous promettions une surprise culturelle de qualité : elle était au rendez-vous.

Le prochain Atelier se réunit le 19 janvier 2010 : tenez-vous prêts !

Frank de Nebehay
Secrétaire Général
Producteur de l'Atelier des Savoirs
Oct 15th

Le Grenier des Grands-Augustins

By Groupe IGS

Balzac, Jean-Louis Barrault, Picasso...

Un lieu mythique pour le C.N.E.A. : le Grenier des Grands-Augustins

Balzac y situe l'action de son "Chef d'œuvre inconnu", nouvelle fantastique mettant en scène le jeune Nicolas Poussin et les peintres Porbus et Frenhofer.

"Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence, se promenait devant la porte d'une maison située rue des Grands Augustins, à Paris. Après avoir assez longtemps marché dans cette rue avec l'irrésolution d'un amant qui n'ose se présenter chez sa première maîtresse, quelque facile qu'elle soit, il finit par franchir le seuil de cette porte, et demanda si Maître François Porbus était en son logis.

Sur la réponse affirmative que lui fit une vieille femme occupée à balayer une salle basse, le jeune homme monta lentement les degrés, et s'arrêta de marche en marche, comme quelque courtisan de fraîche date, inquiet de l'accueil que le roi va lui faire. Quand il parvint en haut de la vis, il demeura pendant un moment sur le palier, incertain s'il prendrait le heurtoir grotesque qui ornait la porte de l'atelier où travaillait sans doute le peintre de Henri IV délaissé pour Rubens par Marie de Médicis. Le jeune homme éprouvait cette sensation profonde qui a dû faire vibrer le cœur des grands artistes quand, au fort de la jeunesse et de leur amour pour l'art, ils ont abordé un homme de génie ou quelque chef-d'œuvre."

Jean-Louis Barrault y installe sa compagnie en 1934

Claudel, Jean Artaud, Aragon, Georges Bataille, André Masson, Claude Dauphin, Giraudoux, Cocteau, Jules Romains, Armand Salacrou, François Mauriac, Henri Mondor, Jacques Prévert, Marcel Carné, Robert Desnos, Mouloudji, Jean-Paul Sartre et bien sûr Madeleine Renaud. Tous se retrouvaient régulièrement au "Grenier des Grands Augustins", résidence de Jean-Louis Barrault entre 1933 et 1936. "Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait y habiter qui voulait"…

Laissons à Jean-Louis Barrault (de 1934 à 1936) évoquer sa vie au grenier ces "trois années de lumière" dans ses "Souvenirs pour Demain" (1972 - Editions du Seuil).

"J'avais trouvé un lieu merveilleux, rue des Grands Augustins, au 7 ou au 11, en tout cas deux bons chiffres. Vieil immeuble du XVIe siècle qui, le soir, était complètement vide. On y accédait par quelques marches au fond d'une cour bosselée de vieux pavés. A ce rez-de-chaussée surélevé siégeait le Syndicat des huissiers. Au-dessus, il y avait une industrie de tissage avec de vieux métiers très beaux. J'avais loué le dernier étage. Trois pièces bizarres avec de magnifiques poutres apparentes.

La première avait quatorze mètres sur huit. J'en fis mon atelier de travail et nous y donnâmes des représentations. (Il devait devenir, plus tard, l'atelier de Picasso). La deuxième pièce, de quinze mètres sur quatre, devint à la fois dortoir, salle à manger, toilettes, fourre-tout : la salle commune. Je revois une étiquette "Le lavabo doit rester bo". La troisième, de huit mètres sur quatre, je me la réservai pour moi. Mais souvent, quand je rentrais tard dans la nuit, je trouvais des gens dans mon lit.

Je fondai une compagnie : le Grenier des Augustins. Jean Dasté, au début, s'y était associé, il reprit vite sa liberté ; il eut raison car j'étais loin d'être mûr. Il me fallait encore beaucoup vivre.

J'étais très neuf alors, très primitif, je n'avais pas assez de connaissances spéciales pour devenir un intellectuel ; beaucoup de choses devaient me passer au-dessus de la tête. D'ailleurs, on ne me demandait pas de comprendre. J'étais conquis, c'était suffisant. Au reste, tout cela n'était pas tellement clair. A la papauté de Breton, au schisme communiste d'Aragon, à la dispersion des individualistes, on pouvait ajouter une quatrième veine ; celle qui venait du mouvement Dada : Tristan Tzara, Dr Fraenkel, etc. Tout le monde se mélangeait. Breton et Georges Bataille me demandèrent l'hospitalité au Grenier pour tenir leurs assemblées. C'est ainsi que, le 21 janvier 1936 eut lieu une grave cérémonie pleine d'humour à propos de la décollation de Louis XVI. L'humour. C'est du sérieux qui ne se prend pas au sérieux pour ne pas devenir trop sérieux.

Au Grenier, la porte n'était jamais fermée, venait y habiter qui voulait. J'en laissais à mes camarades. Nous avions installé des lits dans tous les coins. Une république idéale. Une fois par semaine, nous organisions un pique-nique. Chacun apportait ce qu'il voulait. Les filles de notre groupe confectionnaient un plat. Je revois une énorme bassine remplie de calamars. L'imagination des convives n'était pas toujours éveillée et il nous arrivait parfois quarante camemberts que nous nous efforcions d'épuiser durant le reste de la semaine.

Joseph Kosma, compositeur tzigane, nous écrivait de merveilleuses chansons sur des poèmes de Prévert. Nous cherchions un enfant. Itkine m'en indique un qui traîne dans un quartier populaire de Paris, il doit avoir dans les huit ans, ne craint que deux espèces d'animaux : les flics et les chiens. Ce petit s'appelait Mouloudji. II trouve son lit au Grenier. Le premier soir, il venait de se coucher mais nous l'entendions remuer. (...)".

Le grenier des Grands Augustins.jpg

L'Atelier de Picasso (1936-1955)

En 1929, Pablo Picasso, qui voue une passion au "Chef d'œuvre Inconnu", illustre la nouvelle de Balzac en l'ornant de onze eaux fortes. Sept ans après, il s'installe au Grenier des Grands-Augustins où il crée notamment "Guernica".

Dans son magnifique livre "Conversations avec Picasso", paru chez Gallimard, Brassaï, cet immense photographe qualifié "d'œil vivant" par Henry Miller décrit la nouvelle résidence de Picasso.

"Dans ce très vieux coin de Paris, la rue porte le nom d'un ancien couvent rasé en 1791 et dont les terres s'étendaient jusqu'aux rue de Nevers, rue Guénégaud et rue Christine où habita Gertrude Stein et demeure encore Alice Toklas. Le petit hôtel particulier, à l'angle de la rue et du quai des Grands Augustins, occupé par le restaurant Lapérouse, est du XVe siècle. Je connaissais déjà la demeure patricienne du XVIIe siècle du n° 7 et les deux étages supérieurs devenus l'atelier de Picasso. Avant lui, Jean-Louis Barrault y répétait des pièces de théâtre ; et j'avais assisté parfois dans le "grenier Barrault" à ces séances. C'est d'ailleurs l'acteur qui avait signalé à Picasso ces curieux locaux disponibles, et celui-ci fut aussitôt séduit. En plus vaste, ils lui rappelaient le Bateau-Lavoir, dont secrètement il garda toute sa vie la nostalgie. Il pouvait y avoir l'impression d'être à l'intérieur d'un navire avec ses passerelles, ses soutes, sa cale.

Une autre séduction de cette maison : Balzac y avait situé son Chef-d'œuvre inconnu. C'est dans cette demeure l'hôtel de Savoie-Carignan avant la Révolution qu'il faisait rencontrer le maître Frenhofer avec François Porbus et Nicolas Poussin; c'est là que le héros de son roman s'éloignant, dans sa soif d'absolu, de plus en plus de la représentation de la nature, créa et détruisit son chef-d'œuvre et mourut... La description que Balzac donne de cette maison, de l'escalier raide et sombre, est d'ailleurs d'une ressemblance assez frappante. Ému et stimulé à l'idée de prendre la place de l'illustre ombre de Frenhofer, Picasso loua aussitôt l'atelier. C'était en 1937. Et sur le lieu du Chef-d'œuvre inconnu il allait peindre le "chef-d'œuvre bien connu" : Guernica.

Le Grenier des Grands-Augustins aujourd'hui

Le Grenier des Grands-Augustins appartient à La Chambre des Huissiers de Justice de Paris qui a accepté de mettre gracieusement ce lieu à la disposition du C.N.E.A.

La totalité des travaux de rénovation a été réalisée grâce au mécénat. Que soient tout particulièrement remerciés : La Chambre des Huissiers de Justice de Paris, Marc-Alpinien Lachan, Carlos Sarréa, le Groupe IGS, le Groupe Sup de Co Amiens, Rexel, Legrand, le cabinet d'architecture Bernard Poète, Bouygues SA, Célimage, Christophe Cauchetier, Lefranc & Bourgeois, le Syndicat des Fabricants de Couleurs Fines, la Samaritaine, les pianos Steingraeber, Arts Films Productions, RLP, New-Tone, I.M.P. Graphic, Frega Grandes Cuisines, Rinol France, W Associé.

Alain Casabona, Délégué général, C.N.E.A.
Comité National pour l’Education Artistique
7, rue des Grands Augustins - 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 09 00
c.n.e.a@wanadoo.fr
www.cnea.fr